Tu aimes l’inusité? Tu vas être servi avec la plante printanière qui sort de l’ordinaire qu’on a choisi comme vedette du mois de mai. Avec son look semi-tropical, ses stratégies surprenantes et ses alliés qui ne font pas l’unanimité, l’Arisème petit-prêcheur est bien partie pour nous surprendre. 


La spathe du petit-prêcheur


On retrouve cette plante indigène dans les érablière, les milieux semi-humides et le bord de l’eau. Elle tient son nom de la ressemblance de sa forme avec la chaire où le curée faisait son sermon, comme « dans l’ancien temps ». Ses fleurs (ou plutôt son inflorescence, un mot fancy pour dire que plusieurs fleurs sont attachées à une tige) sont entourées d’une grande feuilles modifiées en forme de calice avec un capuchon vert rabattu. Cette feuille, qui s’appelle une spathe, est rayée de rouge et de blanc, et franchement, c’est précieux combien c’est beau. C’est la spathe qui lui donne son look tropical et qui ne ressemble à aucune autres plantes indigènes de notre coin de pays. Les véritables fleurs sont toutes petites et attachées en épi au bas d’une tige centrale (qui ressemble à une mini-quenouille), le spadice. 


Histoire de reproduction

Dans ses premières années, la plante accumule des réserves dans un organe souterrain, le corme, qui devient de plus en plus gros. Tant que le corme n’a pas accumulé suffisamment de réserves d’énergie, il n’y a pas de floraison. Elle a donc besoin de quelques années avant de produire des fleurs. À la première floraison du petit-prêcheur, il ne fait que des fleurs mâles. Ce n’est qu’après plusieurs années qu’on voit apparaître des fleurs femelles. Et finalement, la plante finira par ne produire que des fleurs femelles.*

Après la fécondation, la plante produit des baies rouge vif en grappe sur le spadice. Les oiseaux, les écureuils et d’autres petits mammifères forestiers mangent ses fruits et disséminent les graines dans leurs excréments. (๏ᆺ๏υ)



Comme ses fleurs sont si petites et peu attrayantes, des pollinisateurs comme les abeilles et les papillons, ne sont pas attirés par le petit-prêcheur. Ce sont les brûlots qui visitent la plante. Oui, oui. Les brûlots, ces petits insectes piqueurs vraiment gossants. (Si tu te demandais à quoi il servent les maudits brûlots, tu as ta réponse!) En entrant dans la spathe, le brûlot se couvre de pollen des fleurs mâles et sortent par une petite ouverture dans le bas du calice. Par contre, les plantes femelles n’ont pas cette sortie de secours. En essayant d’en sortir, les brûlots laissent du pollen sur les fleurs femelles. Et hop FÉCONDATION! C’est tellement bien fait!


Dès que tu peux, mets tes bottes et pars à la recherche de l’Arisème petit-prêcheur dans la boucle du Pic du parc-nature du Bois-de-Liesse. Il faudra être bien attentif parce que sa forme et ses couleurs le font passer inaperçu dans le sous-bois. Mais, quand tu en trouveras un, tu ne pourras pas en croire tes yeux. Cette petite plante est plus que spectaculaire. 



* Lorsqu’une plante produit des individus mâles et des individus femelles, on dit que c’est une espèce dioïque. 

Sources images : Pixabay, Wiki

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