Le printemps est à nos portes. C’est le retour des crues, des fleurs printanières et des oiseaux migrateurs! On dit que l’hirondelle serait l’oiseau par excellence pour annonce la belle saison, mais on a un faible pour un autre, un peu plus rock and roll, le carouge à épaulettes. 


Un monsieur carouge qui protège son territoire


Ce petit caporal à l’uniforme bien mis est un des premiers snow birds à revenir dans nos régions au printemps et à pousser son chant reconnaissable parmi tous. D’abord, son nom lui vient du plumage du mâle noir brillant qui n’est brisé que par d’étincelantes tâches rouges bordées de jaune sur ses épaules. De quoi faire rougir tous les hauts gradés avec leurs propres épaulettes. La femelle, quand à elle, est beaucoup plus discrète avec ses teintes de brun, un avantage marqué pour se camoufler lorsqu’elle couvre ses oeufs. On trouve cet oiseau commun au Canada* dans les zones ouverts, comme les champs et les friches, il aime aussi les lisières. Mais le plus souvent, notre petit militaire se poste près des milieux humides, qui abondent de nourriture. Insectes aquatiques bien juteux, larves, escargots et autres invertébrés font son bonheur. Il ne dira pas non à des oeufs, des amphibiens ou encore des petits fruits et des graines. 


À son retour de voyage au printemps, le carouge n’est pas de répit. C’est le début de la saison de nidification et l’amour, ça n’attend pas. Le mâle, dès son arrivée en zone de reproduction (les femelles arriveront un peu plus tard), se met à la recherche du parfait territoire. On doit y trouver de la nourriture, beaucoup de cachettes et des endroits pour faire des nids**, les voisins doivent être  convenables (et pas trop bruyants) et les prédateurs, peu nombreux. C’est lorsqu’il a mis la main (enfin… l’aile) sur son territoire de rêve que le travail commence. Le mâle carouge défend sa parcelle corps et âme (bec et plumes…) contre tous types d’envahisseurs. Que ce soit une petite paruline inoffensive ou un grand héron qui ne font que passer, un faucon ou une buse qui cherche un dîner, un autre carouge qui lui fait compétition, ou encore un ornithologue insouciant, le carouge fonce droit sur les intrus. 


Quand les femelles sont enfin de retour, les mâles paradent les ailes ouvertes en chantant pour montrer leurs couleurs. Après avoir choisi leur courageux mâle, c’est dans les herbes hautes, les quenouilles ou les buissons, que les femelles construisent le nid. La proximité avec l’eau, dans le choix de l’emplacement du nid, réduit la pression de prédation sur les oisillons. Les visons, ratons laveurs et les rapaces sont moins agiles dans ce type de milieu. En plus, en cas de chute, les oisillons peuvent nager (capacité qu’ils perdent à maturité). Bien joué!



Ce vaillant guerrier du bord de l’eau a amplement mérité ses brillantes épaulettes. Mis à part les prédateurs et les intrus, d’autres menaces planent sur cet oiseau. La diminution et le drainage des milieux humides au Québec et l’intensification de l’agriculture (en plus de l’utilisation de pesticides) lui font mal. Toute la témérité et le courage du monde, même concentré dans un petit oiseau, ne suffit pas pour contrer la dégradation de son habitat de prédilection. Pas de panique! C’est pas demain la veille que les carouges disparaîtront, mais pour être sûr que ça ne devienne pas une éventualité, on doit travailler fort pour conserver ces milieux et leur précieuse biodiversité



* On trouve le carouge à épaulettes partout à travers l’Amérique du Nord, et jusqu’au Honduras en Amérique centrale. 

** Pendant la même saison, un mâle peut s’accoupler avec plusieurs femelles (4 à 5, on a déjà vu 10) toutes installées sur son territoire. C’est donc important d’avoir plusieurs emplacement possible pour la construction du nid.




Sources images : Pixabay, Katja Schulz

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