T’entends peut-être souvent parler de menaces pour la biodiversité, de danger pour la nature, d’espèces envahissantes… mais c’est quoi ça, hein?

D’abord, pour qu’une espèce végétale ou animale soit considérée comme envahissante, c’est parce qu’elle a été introduite dans une autre zone que celle de sa répartition naturelle. Elles viennent parfois d’un autre continent, mais pas toujours. On en trouve dans l’eau et dans les milieux terrestres. Comme pour les espèces menacées, on classe les espèces envahissantes en 3 catégories selon leur niveau de préoccupation (préoccupantes et présentes au Québec, préoccupantes, mais à l’extérieur du Québec, peu préoccupantes et présentes au Québec).


Trois frenemies poussent à Montréal et pour lesquels on fait beaucoup de sensibilisation: le nerprun cathartique, le phragmite commun et la renouée du Japon. Pourquoi on fait pas mal de sensibilisation à leur propos? Parce que deux de ces 3 espèces – le nerprun et la renouée – ont été introduites au Québec comme plante ornementale. Oui, oui, parce qu’elles sont belles! C’est pas faux, le nerprun reste d’un vert éclatant jusqu’à la fin novembre et la renouée forme des arbustes fournis avec des feuilles en coeur et des rameaux de fleurs blanches duveteux. Sauf que ces 3 vilains ont des capacités phénoménales de dispersion de graines et de croissance. 


Le nerprun cathartique

Feuilles vertes, foncées à tout moment de l’année, double dentelée, fruits noirs

Le nerprun, t’en as assurément croisé s’en t’en rendre compte. Il pousse maintenant dans presque tous les boisés de l’île comme au parc-nature du Bois-de-Liesse et à l’Île-de-la-Visitation. Ses branches poussent en arc, comme un gros parapluie. Tu te dis « Great! de l’ombre! » sauf que… Les feuilles sortent vite et empêchent le sous-bois de pousser. En plus, les racines produisent une toxine dans le sol qui tue pas mal tout sauf… les autres plans de nerprun. Et finalement, ses fruits qui sont produits en abondance attirent les oiseaux, mais leur donnent la diarrhée. 


Le phragmite commun

Ressemble à de longs plans de blé: long plants vert avec reflets violets en été, beige le reste de l’année

Le phragmite, c’est ce genre de blé qui pousse sur le bord des autoroutes, dans les marais, dans le fossé chez mononcle René, bref, partout. Il entre en compétition avec les quenouilles et finit par prendre le dessus puisque avec ses grosses racines, il assèche le milieu. Les quenouilles qui préfèrent pousser dans l’eau finissent par ne plus être capables de grandir et meurent. Le phragmite a connu une expansion de son aire de répartition au Québec avec le développement du réseau routier qui a créé des fossés parfaits pour la germination de leur graines.


La renouée du Japon

Feuilles en forme de coeur, tige creuse (a l’aspect du bambou)

Importée pour son look neat, la renouée est une bombe à retardement. Comme le nerprun, ses racines libèrent des toxines ce qui réduit la biodiversité autour d’elle. Ses rhizomes peuvent être en dormance pendant plusieurs années avant de percer le sol… même l’asphalte. Ses racines sont super fortes et peuvent détruire les bords de cours d’eau et peuvent endommager les bâtiments.


Tu les as reconnus et tu veux t’en débarrasser? D’abord, recharge ta patience car c’est un travail de longue haleine. Comme pour beaucoup d’autres espèces envahissantes, nos trois amis ont des réseaux racinaires TRÈS puissants. L’idéal, c’est l’excavation et la pose d’une toile géotextile afin de limiter le développement de tiges et du réseau racinaire. Mais, c’est très dispendieux.

Le contrôle à la main demande de couper toutes les branches et les tiges et de ne laisser RIEN derrière. Il faut tout mettre (sans laisser aucun résidu) dans un sac de poubelle en plastique et surtout, ne PAS composter les résidus. Ça ne ferait que déplacer le problème. Ensuite, il est possible de planter d’autres espèces indigènes pour créer de la compétition. Il faut toujours garder un oeil sur sa talle erradiquée question de couper les tiges aussitôt qu’elles poussent. Et elles poussent vite!


Une foule d’autres espèces (animales et végétales) sont sur les listes à surveiller (on te parle ici des espèces envahissantes de la rivière des Prairies et des boisés urbains). Vaut mieux toujours appliquer le principe de précaution et être prudent lorsque tu jardines, que tu changes ton canot de plan d’eau ou que tu brûles du bois durant un feu de camp. Demande-toi: « Est-ce que c’est une plantes indigène? Est-ce que j’ai bien nettoyé mon matériel de plein air? Est-ce que j’utilise du bois local? » Ainsi, on donne une chance à la biodiversité locale de se développer avec plus de force.




Sources images : Franz Xaver, Anne F. Préaux, Pixabay

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