Slimy pour une bonne raison : la respiration cutanée

Il y a des animaux qui ont la faculté de respirer par leur peau. Pourquoi ne pas respirer par leurs poumons, tu te demandes? Simplement parce que certains n’en ont pas. Et dans certaines conditions (comme sous l’eau), les poumons ne suffisent pas pour fournir de l’oxygène : la respiration cutanée vient donc pallier aux manques.

Ces espèces ont une peau super mince qui permet les échanges gazeux (par exemple d’oxygène et de gaz carbonique). On appelle ça une peau perméable. Cette peau est parcourue de capillaires, des minis vaisseaux sanguins qui agissent entre autre avec les tissus et permettent les échanges, et des tonnes de muscles, dont la contraction permet la respiration. Mais pour que ça reste efficace, le fragile épiderme de ces animaux doit être protégé. La solution : du mucus. L’humidité qu’il crée permet en plus à l’oxygène de se diffuser à un taux suffisamment élevé.

Ver de terre

 

Des animaux slimy mais oxygénés

Prenons pour exemple les vers de terre. Comme tu le sais, ces petits animaux se tiennent dans le sol, où la terre est humide. Ça les aide à rester moist et donc, à respirer. Mais c’est pas suffisant. Ils produisent donc du mucus, qui, en plus, les lubrifie et les protège contre les aspérités du sol, facilitant du même coup leurs déplacements dans les galeries. Attention, la respiration cutanée du ver de terre, aussi efficace soit-elle, a des limites. Si un ver devient suuuper long et super gros, l’apport en oxygène (qui doit être proportionnel au volume de l’animal) devient trop petit parce que la surface d’échange gazeux n’est pas assez grande.

Une deuxième catégorie de «respireurs» cutanés : les amphibiens. Certains ont des branchies, comme les tritons et les têtards, mais une fois adulte, la plupart des amphibiens développe des poumons primitifs (ils perdent donc leurs branchies au cours de la métamorphose). C’est lorsqu’un amphibien passe beaucoup de temps dans l’eau que leur respiration pulmonaire devient insuffisante. Les grenouilles hibernent dans l’eau : elles ne peuvent évidemment pas utiliser leur poumons pendant cette période. Elles respirent donc par la peau*. En période plus sèche, lorsque l’amphibien est dans un milieu plus aride, il peut produire du mucus qui facilitera les échanges gazeux. D’ailleurs leur peau est tellement perméable qu’ils absorbent l’eau directement via leur épiderme, aucun besoin de boire juste de se baigner!

Grenouille léopard

 

Tout n’est pas rose pour les producteurs de mucus. Si leur peau perméable permet les échanges gazeux, il est aussi probable que d’autres substances soient absorbées par leur épiderme, comme des produits toxiques qui traînent dans leur habitat. Les animaux à respiration cutanée sont généralement très sensibles à la pollution. Ils sont alors de bons indicateurs de santé des milieux : si on trouve des grenouilles dans un marais, on peut supposer qu’il est assez propre pour qu’elles puissent y respirer. En plus des vers et des amphibiens, ajoutons à la liste des «respireurs» cutanés des échinodermes (comme les oursins et les concombres de mer), les poissons, certains reptiles et les mammifères**.

 

* C’est aussi le cas de certains reptiles, comme les tortues qui hibernent sous l’eau. Toutefois, comme leur peau est couverte d’écailles, les zones de respiration cutanée sont concentrée seulement autour du cloaque. Un cloaque, c’est quoi? C’est la sortie des voies intestinales, génitales et urinaires de certains animaux. Donc oui, la tortue peut respirer par ses fesses…

**La peau des mammifères, bien que BEAUCOUP plus épaisse que celle des vers de terre ou des amphibiens, permet aussi des échanges gazeux. Les taux d’échanges sont tellement bas qu’ils ne sont pas impliqués dans notre respiration. Chez les humains, environ 1% des échanges gazeux se font par la peau. Chez les chauves-souris, on parle de 12% parce que la peau de leurs ailes est très vascularisées.

 

 

Source image : Wikipédia