Retour sur des grands problèmes environnementaux des 90s

Spécial « Where are they now »

Si les grands enjeux environnementaux d’aujourd’hui sont les changements climatiques, la diminution de la biodiversité et le plastique à usage unique, il y a quelques décennies, c’était le trou dans la couche d’ozone et les pluies acides qui faisaient la une des journaux. Retour sur des enjeux environnementaux des années 1990.

 

Le trou dans la couche d’ozone

La progression du trou de 1979 à 2014

T’as sûrement entendu parler du trou dans la couche d’ozone. La couche d’ozone, c’est quoi? C’est cette couche de gaz, l’ozone, qui flotte dans l’atmosphère et qui bloque une grande partie des rayons UV. (Oui, c’est comme la crème solaire de la planète.) Dans les années 70-80, on utilisait pas mal de CFC (les chlorofluorocarbones, des gaz contenus dans les aérosols et appareils réfrigérants). Ceux-ci comportent des molécules de chlore qui – avec l’aide de l’énergie solaire – réagissent avec l’ozone et le transforme en différents composés, détruisant ainsi tranquillement la couche d’ozone. Tous ces gaz sont en baisse (et pour certains, interdits depuis quelques années) depuis le protocole de Montréal, ratifié par tous les pays des Nations Unies en 1987.

La destruction rapide de la couche d’ozone a laissé un trou béant au dessus de l’Antarctique. Directement relié à l’activité humaine, ce trou est devenu tristement célèbre. Suite aux efforts communs engendrés par le protocole de Montréal, les Nations Unies ont confirmé à la fin de 2018 que la couche d’ozone était en rémission et que le trou se refermait. Wouhou!! Par contre, plusieurs scientifiques surveillent encore la couche d’ozone de près et avec une plus grande attention encore depuis qu’au début des année 2010 : une concentration de fréon-11 a refait apparition dans l’atmosphère… Les gaz de remplacement des CFC dans les systèmes de réfrigération sont peut-être moins nocifs pour la couche d’ozone, mais seraient des gaz à effets de serre très puissants. C’est à suivre!

 

Les pluies acides

On classe les pluies acides comme un problème des années 90 mais en fait, les pluies acides sont un problème qui date des décennies précédentes. Si les CFC étaient surtout un problème de gaz dans l’atmosphère, ici, on parle d’un problème qui affecte en plus l’eau de ruissellement. Et qui est aussi causé par l’activité humaine.

L’utilisation des combustibles fossiles crée des gaz qui réagissent avec les molécules d’eau créant ainsi de l’acide nitrique et sulfurique, hyper toxiques pour les vivants. L’utilisation du charbon et du pétrole notamment relâchaient à cette époque des milliers de kilogrammes de dioxyde de soufre, un composé qui acidifie l’eau et qui en plus, peut voyager dans l’air sur de très longue distances. L’affaire c’est que ces molécules d’eau-là finissent par retombées au sol sous forme de différentes précipitations: pluie, neige, grêle, slush… et continuent leur chemin dans les écosystèmes via le cycle de l’eau.

En 1991, le Canada et les États-Unis ont signé l’Accord sur la qualité de l’air qui devait faire en sorte de réduire dramatiquement le flux de polluants des États-Unis vers l’est du Canada*. Les polluants ont été réduit mais ce n’est qu’au début des années 2010 que les scientifiques ont commencé à voir un rétablissement des écosystèmes, dans les sols entre autres. Un manque de calcium dans les sols aurait ralenti le processus de rétablissement.

Ça va mieux, mais il faut être réaliste: tant qu’on utilisera des combustibles fossiles pour faire rouler les voitures et se chauffer, on aura toujours un p’tit problème de pluies acides…

 

La tordeuse des bourgeons de l’épinette

Des p’tits oeufs de tordeuse

Un petit insecte pas mal ravageur a fait des siennes aussi pendant les années 80-90: la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Affectant une grande partie de la forêt boréale, la dernière grosse épidémie (1967-1992) a mené à l’adoption d’une stratégie de protection des forêts par le gouvernement du Québec en 1994. Au Québec, cet insecte ne consomme pas seulement les bourgeons de l’épinette: il s’attaque en fait principalement aux sapins baumiers. Les populations atteignent un niveau épidémique tous les 30 ans environ. Présentement, il y a quelques populations en épidémie mais on contrôle plus les populations pour limiter la perte de bois plutôt que de tenter de l’enrayer. Un peu comme pour toutes les espèces envahissantes… On y reviendra à cette petite coquine.

 

Ça l’air gros tout ça et on se sent un peu impuissants parfois, mais c’est vrai que les p’tits gestes, ça compte. N’hésite pas à y penser 2 fois avant d’acheter un produit. «J’en ai tu vraiment besoin?», «Qu’est-ce que ce produit laissera comme trace?», «Est-ce que je peux en fabriquer une version avec ce que j’ai dans mon garde-manger?»

La planète te remerciait dans les 90s et te remerciera encore longtemps!

*La rotation de la Terre et les vents dominants poussaient tous ces gaz toxiques et les pluies acides vers le nord…

 

 

Sources images : NASA/GSFC, PixabayUSDA Forest Service