Partir ses semis

En ce début de printemps, on te propose d’être aux premières loges pour assister au miracle de la vie. Il te faudra donc, de l’amour, du temps, de la patience, de la terre, de l’eau et des semences. C’est le temps de partir tes semis pour pouvoir profiter pleinement de tes pousses cet été.

Faire pousser des plants, c’est un joyeux mélange de science et d’arts. D’abord, il faut toujours garder en tête que chaque espèce de plante a ses besoins particuliers et ses caractéristiques. La période de plantation, le passage à l’extérieur, les engrais, la terre, tout est spécifique à chaque plant. Tu n’as qu’à choisir les plantes que tu veux voir pousser, utiliser, sentir (vraiment, tu choisies) et tu y vas étape par étape. Tout le monde peut le faire.

Semis de tomate avec de vraies feuilles

Semis de tomate avec de vraies feuilles

 

Quand et quoi planter ?

Tout dépend de ce que tu veux voir pousser et du temps que tu veux y mettre. Certaines plantes peuvent être commencées en semis à l’intérieur, d’autres non. Par exemple, on peut partir notre laitue, nos tomates, nos concombres et nos choux de Bruxelles à l’intérieur dès maintenant. Ces semis devront être déplacés à l’extérieur éventuellement. Pour un départ plus tardif, tu peux partir tes semis déjà à l’extérieur. Dans un tel cas, tu devrais y aller pour des betteraves, des carottes, des épinards ou des patates. Si tu es du genre à ne pas trop vouloir te salir les mains, saches que certaines plantes préfèrent être plantées directement en terre, aucun semis nécessaire, comme les échalotes.

De mars à fin avril, c’est le temps de partir tes fruits et légumes (quoique si tu fais des semis extérieurs, tu vas vouloir attendre mai et le temps plus doux). Certaines plantes à croissance plus lente, comme les pensées, nécessitent d’être plantées en février, (des fois même en janvier). Selon les régions, les périodes de plantation peuvent variées: elles dépendent de la température extérieure. Par exemple, à Montréal, on devrait planter plus tôt qu’ailleurs au Québec, comme au Saguenay, parce qu’il fait chaud plus tôt. Pour connaître le bon moment de plantation pour les plantes de ton choix, tu peux consulter des calendriers de semis. Tous bons centres de jardin ou quincailleries devraient en avoir en ligne; pour le sud du Québec, on te propose celui-ci.

Plantules de salade

Plantules de salade

 

Pour bien faire les choses, il faudra des contenants de terre tassée. On parle ici d’un rack à semis ou simplement des boîtes de lait coupées. On te conseille de choisir de la terre spéciale pour les semis, ça va aider à leur croissance. C’est ensuite le temps de mettre les graines en terre. Attention de ne pas mettre trop de graines dans un même contenant, sinon les pousses se feront compétition. Il n’est pas nécessaire d’enfoncer les semences au fond du contenant. D’ailleurs, plus la graine est petite, moins on a besoin de l’enforcer. Pour t’aider dans le processus, rappelles-toi comment ça se passe dans la nature : personne (ou presque) vient enfoncer les graines dans la terre

Truc de pro : consulte trèèèèès attentivement les instructions sur les paquets de graines et conserve-les pendant toute la saison. On te suggère d’attacher ensemble toutes les enveloppes et de les garder avec tes outils de jardinage! Tu pourras t’y référer en cours de route.

Deuxième truc de pro : comme chaque plante a des besoins spécifiques, on te conseille de faire des choix de plantes conséquents. Tu veux pas avoir la moitié de tes semis qui poussent avec de la lumière et l’autre sans… Ça complique les choses.

Une fois les graines en terre, on installe les contenants dans l’eau pour environ 10 minutes. Ensuite, on recouvre le tout et on laisse la magie des plantes faire. Quand tu verras des plantules apparaître, tu pourras retirer le couvercle. À partir de ce moment, tu pourras laisser tes semis à découvert et les observer grandir de jours en jour. Il existe des racks exprès pour les semis, avec des couvercles et des sous-assiettes pour l’eau.

Jeunes plants de maïs prêts à affronter l’extérieur

Jeunes plants de maïs prêts à affronter l’extérieur

 

La grande sortie

En suivant un calendrier de semis, tu sauras à quel moment sortir tes semis (généralement, quand il fait plus de 10°C). C’est un procédé progressif: tu dois leur laisser le temps de s’habituer aux conditions extérieures, et pendant une semaine au moins on les sort le jour pour qu’elles profitent du soleil et on les rentre la nuit pour qu’elles «dorment» au chaud.

Tu devras aussi planifier la transplantation lorsque la plantule aura deux vraies feuilles. En lui donnant plus de place pour croître, ton plant pourra développer des racines secondaires qui le rendront plus stable et plus fort. Replanter le bébé plante, c’est l’étape la plus complexe : il faut séparer délicatement les plantules les unes des autres (après les avoir arrosées) puis planter chacune d’elles dans des pots individuels. En repiquant (ou transplanant) dans des pots, il faut changer la terre pour une plus riche en nutriments. Certaines plantes ne peuvent pas être repiquées comme le concombre et le melon. On les plante donc directement dans de la terre de jardin. C’est pourquoi, il faut bien lire les paquets de graines!

Truc de pro (encore) : N’attends pas trop avant de repiquer tes plantules, sinon les racines seront toutes emmêlées et elles ne prendront pas dans la nouvelle terre.

Éventuellement, si tu as la place et l’envie, tu pourras tout planter dans ton jardin. Lorsque la plante sera à maturité, elle produira des fleurs, puis des fruits et tu pourra en profiter pleinement. Avant de récolter le fruit (héhé) de ton labeur, consulte (encore) les paquets des semences pour ne pas cueillir prématurément des goods et abîmer tes précieuses plantes!

Bonne chance.

 

 

 

Sources photo : Pixabay, Pxhere