C’est lors du retrait de la Mer de Champlain (t’sais après le bounce back du glacier) que le tracé du Saint-Laurent s’est dessiné, en remplissant les cavités laissées par les dépôts de la mer. C’est ce qui lui a donné ses formes et ses courbes d’aujourd’hui. 

Parce qu’il est tellement diversifié, on a divisé notre beau grand fleuve Saint-Laurent en trois tronçons distincts: le golfe, l’estuaire (dont on a souvent parlé) et le tronçon fluvial, sur les rives duquel la plupart du Québec habite. Chaque tronçon se distingue des autres par de nombreux facteurs, autant hydrographiques, qu’écologiques ou humains. Le tronçon fluvial, qui débute à Kingston (en Ontario), finit dans le Lac Saint-Pierre, près de Trois-Rivières. Ce lac Saint-Pierre, c’est un lac fluvial ou, autrement dit, un lac sur un fleuve. C’est un élargissement du cours d’eau qui en change le débit et par le fait même, son écologie. 


Le tronçon fluvial du St-Laurent et ses lacs fluviaux


Réserves de biodiversité 

On trouve trois lacs fluviaux sur le tronçon fluvial : les lacs Saint-François, Saint-Louis et Saint-Pierre. Ces lacs, ils n’ont l’air de rien, mais ils sont très importants pour la diversité aquatique du fleuve. Le lac Saint-Pierre est connu pour accueillir des milliers d’oiseaux migrateurs chaque année; son archipel, dans le coin de Sorel est une halte migratoire très fréquentée. On y trouve (dans et sur ses rives) des refuges et des espaces protégées.*

Lors des crues printanières, les abords des lacs fluviaux sont inondés. C’est vrai! La plus grande superficie de terres inondables d’eau douce au Québec est située au lac Saint-Pierre. Pour la sauvagine qui voyage, c’est la perfection!

Parce que le débit de l’eau est différent (tout comme sa température, son opacité et sa composition), la végétation qui s’installe dans les trois lacs fluviaux est différente de celle qu’on retrouve dans les secteurs plus étroits du fleuve. Et si la végétation change, la faune change et se mélange. Et on augmente ainsi la biodiversité. À l’entrée et à la sortie du lac, on voit un phénomène de lisière où des animaux vivant en milieu fluvial se mixtent avec les animaux qui favorisent les eaux avec moins de courant. Parfait mélange!


Mais ces petits oasis de biodiversité ne sont pas à l’abris des défis. La pollution de l’eau due à la proximité de nombreux centres urbains et de zones agricoles, en plus de la modification des berges et du fond de l’eau (pour la circulation maritime, entre autre) sont des facteurs qui ne favorisent pas la santé des lacs fluviaux du Saint-Laurent**. 

Comme le fleuve est le backbone de notre société, et que ce corridor aquatique chéri ainsi que ses magnifiques lacs, sont là pour rester, pourquoi ne pas en profiter pour leur faire attention et protéger ces écosystèmes essentiels!


Le lac Saint-Pierre vu des airs





* La Réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre (UNESCO), le Refuge faunique de la Grande-Île (héronnière) et le Refuge d’oiseaux de Nicolet.

** Ces mêmes problématiques guettent beaucoup de cours d’eau au Québec. On t’a fait quelques vidéos sur le sujet.  




Sources images : GUEPEWiki

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