L’oviposition : la ponte chez les insectes

Les insectes, c’est le groupe du vivant le mieux représenté sur la Terre. Ils sont dans tous les écosystèmes et ce, en nombre impressionnant. C’est en partie grâce à leur productivité hors pair, qui est huilée au quart de tour. Disons que les femelles insectes savent ce qu’elles font quand vient le temps de pondre et de donner le maximum de chances de survie à leur progéniture.


Un monarque en train de déposer un oeuf sur une feuille d’Asclépiade.


Une femelle insecte doit se nourrir intensément pour avoir assez d’énergie accumulée pour produire et pondre ses oeufs. Selon les espèces, la femelle peut pondre quelques oeufs ou des milliers en une année. Et même, plusieurs fois par année. Ça niaise pas. 

Lorsqu’elle se sent fin prête, la femelle fécondée doit trouver l’endroit idéal pour pondre et assurer à ses petits nourriture et sécurité. On appelle cette grande quête, l’oviposition. Il existe des tonnes et des tonnes de types d’oviposition différents. Les oeufs peuvent être déposés individuellement ou en masse. Ça peut être sur des plantes spécifiques dont la larve de l’insecte se nourrira. Les papillons monarques, par exemple, pondent leur oeuf un à un sur des plants d’Asclépiade (jamais sur une autre plante), parce que c’est de cette plante que la chenille se nourrit. Certains insectes sont ovovivipares. (Ça veut dire que les oeufs se développent dans le corps de la femelle et lorsque l’embryon est mature, les oeufs sont déposés pour éclore. C’est le cas de certaines mouches et des pucerons.) D’autres pondent dans l’eau comme les libellules et les moustiques. Les méthodes sont nombreuses, et certaines sont mindblowing!


Un outil de choix : l’ovipositeur

Certains insectes sont spécialistes de la ponte sur les arbres, ou plutôt, dans les arbres. Dans les racines, les tiges, dans les troncs, directement dans la chair. C’est à l’aide d’un organe spécialisé de ponte, l’ovipositeur, que ces femelles accomplissent cet exploit. Ce long ruban dont la pointe rappelle un sabre termine l’abdomen de ces insectes et leur permet de percer les végétaux, le sol (ou autre). Ainsi la femelle dépose ses oeufs dans les endroits les plus favorables à leur incubation. 

Certaines femelles parasitoïdes, comme les Rhysses cannelles (celle qu’on voit dans le vidéo plus haut), ont aussi un ovipositeur pour pondre. Lors de l’oviposition, la femelle parasitoïde s’approche de son hôte et transperce son exosquelette à l’aide de son ovipositeur. C’est là, dans l’insecte, qu’elle va pondre. La larve pourra se nourrir de l’insecte hôte. La femelle peut aussi déposer les œufs sur l’insecte ou à proximité de celui-ci. Dans le cas de la Rhysse cannelle, la femelle localise des galeries creusées dans la chair des arbres et y pond ses oeufs. Après l’éclosion, la larve de la rhysse pourra se régaler des insectes xylophages qui habitent les tunnels. Disons que ces délicats rubans sont de véritables power tools


L’oothèque, une police d’assurance

Certains insectes commes les mantes et les blattes pondent leurs œufs en masse, mais ne laissent rien au hasard. Dans le but de protéger les oeufs des prédateurs ou des conditions climatiques, la femelle produit une capsule rigide appelée oothèque. Ce sac, qui contient les oeufs, est composé de protéines qui se solidifient au contact de l’air. Chez les mantes religieuses, l’oothèque, qui a la forme d’un ballon de football, est pondu à l’automne. Ce sera une des dernières actions de la femelle adulte avant de mourir. La femelle prend donc soin de le déposer dans un endroit sûr et stable, à l’abri des intempéries. (Ici, un méga bon vidéo d’une femelle mane en train de pondre, c’est à voir.) C’est dans cette carapace protectrice que les 200-300 oeufs vont passer l’hiver. 


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Bébés mantes !! (^_^)


Il existe des tonnes et des tonnes de types d’oviposition différents. Il en existe autant qu’il y a d’espèces d’insectes (et ça, c’est beaucoup). On aurait pu te parler des léthocères qui transportent leurs oeufs partout où ils vont, des guêpes maçonnes qui construisent des condos pour y déposer leur progéniture ou encore des mouches Eurosta solidaginis, spécialistes de la ponte dans les tiges de la verge d’or, qui créent les très visibles galles sur la plante. On aurait pu.



Source image : Wiki – Sources vidéo : Andrew Bateman, André Lequet