Les vers de terre : le choix du naturaliste

Il en existe environ 7 000 espèces sur Terre et ils sont présents dans tous les types d’écosystèmes (une chance). Leur corps couvert de soies est divisé en segments (ou, on peut dire aussi annelé). Il a une tête, sans yeux, et une bouche, sans dent. Il est rose ou brun, il est mou et visqueux. Tu l’as deviné, c’est le fabuleux ver de terre!

Souvent, les lombrics dégoutent les gens, mais si on s’attarde deux secondes à ces animaux étranges, on se rend vite compte qu’ils sont juste awesome.

 

Des adaptations pas mal underground

Un ver sous la terre, ça n’a pas besoin d’yeux; ça juste besoin d’avancer. Tous les segments de son corps, long entre 9 et 30 cm*, sont entourés de muscles qu’il contracte pour se propulser vers l’avant, en s’aidant de ses petites soies. Ces fouisseurs n’ont pas non plus de poumons. Ils respirent via leur peau par échanges gazeux. C’est entre autre pour cette raison qu’ils doivent rester humides en tout temps et qu’ils sécrètent du mucus (même chose pour les amphibiens… on y reviendra!).

Lombric commun

Lombric commun

L’énigmatique bourrelet

Le corps des vers est divisé par une bosse étrange appelée un clitellum. C’est quoi ça? Et bien, ce bourrelet a des fonctions sexuelles. Les vers sont hermaphrodites : la plupart des espèces sont biparentales (ils ont donc besoin de deux individus pour se reproduire) mais certains vers peuvent s’autoféconder. Dans une situation de biparentalité, l’accouplement dure plusieurs heures (oui, oui) pendant lesquelles les vers sont attachés par le clitellum. C’est aussi ce segment renflé qui forme le cocon qui accueillera les quelques oeufs de vers. Parce que oui, les vers, ça fait des cocons. 

 

Un acteur incomparable

On retrouve le ver de terre dans tous les types d’écosystème et c’est bien tant mieux puisqu’il est considéré comme une espèce clé**. En plus de servir de lunch pour une multitude d’animaux (mouffettes, grenouilles de tous genres, crapauds, couleuvres, musaraignes, oiseaux, et j’en passe) avec ses tunnels, le ver permet l’aération et un micro-drainage du sol favorisant la productivité du milieu.

Les vers sont mieux connus pour leur rôle de décomposition de la matière organique. Ils se nourrissent entre autre de feuilles mortes à la surface du sol et l’activité microbienne de leur système digestif (des champignons et des bactéries qui vivent dans leur tube digestif) permet la décomposition des cellules des plantes. Les rejets de sa digestion (oui, sa crotte) donne de la terre noir minéralisée, aussi appelée compost. Cette terre très riche participe à maintenir une forte croissance des plantes.

Le trophée de l’acteur ayant joué le rôle plus important dans le plus grand nombre d’écosystèmes revient au…… LOMBRIC COMMUN!!! Bravo!

Lombric commun

PS. Pour en finir avec ce mythe, on voulait juste mentionner qu’un ver de terre coupé en deux, ça donne un ver de terre coupé en deux, et non pas deux vers de terre… (1 ÷ 2 = 1 ÷ 2) C’est vrai qu’en cas de blessure, il peut régénérer quelques segments de son corps, mais pas tous! Alors, selon l’emplacement de la coupure, le ver sera gravement blessé ou mort… Prière de ne pas essayer à la maison.

 

* Imagine-toi qu’en Australie, le ver géant de Gippsland a une longueur moyenne de 1 mètre et que certains individus de 3 m de long ont déjà été retrouvés. C’est loin de notre 30 cm… 

** Une espèce clé (ou plutôt clé de voûte) est une espèce qui favorise la présence de d’autres espèces. Ces facilitateurs augmentent la biodiversité des écosystèmes où ils se trouvent. On te donne plus de détails ici.