T’as sûrement remarqué que l’équipe de GUEPE et du Projet le Tour a à coeur la conservation de la biodiversité. On te casse les oreilles avec son importance et les moyens qui sont mis en place pour la protéger et en prendre soin, autant en aménageant des milieux, comme c’est le cas sur l’Île d’Anticosti ou par exemple en innovant pour favoriser la survie des espèces avec des méthodes de reproduction assistées. On parle sans arrêt des espèces avec tel ou tel statut, les espèces vulnérables, celles en danger et on en passe. On l’avoue, c’est facile de se perdre dans toute cette bienveillance. C’est pourquoi, on te fait un petit topo sur les statuts particuliers*. 


En résumé, dans notre beau pays, il existe plusieurs lois pour protéger les êtres vivants : au niveau provincial et fédéral. La loi sur les espèces en péril au Canada (LEP) permet de prévenir la disparition des espèces sauvages, en protégeant les habitats essentiels à la survie de certains ou à leur rétablissement. Il est même inclus dans la loi que le gouvernement fédéral peut intervenir s’il considère qu’une province ne fait pas le nécessaire pour protéger une espèce et son habitat. On niaise pas. Dans les provinces, on se concentre sur les problématiques régionales et on attaque les problèmes plus localement. 


La tortue des bois


La LEP canadienne

Les espèces considérées par la LEP sont désignées par le très sérieux et très scientifique Comité sur le statut des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Selon ces experts, une espèce peut être disparue, disparue du pays, en voie de disparition, menacée ou dont la survie est préoccupante.** Cette liste comprend presque 800 espèces au Canada, incluant des plantes, des animaux, des mousses et des lichens. 338 sont en voie de disparition (comme le ginseng à cinq folioles et les caribous de Gaspésie), 183 menacées, dont le bison des prairies et la tortue des bois, 228 sont considérées comme étant préoccupantes parmi lesquelles ont retrouve l’ours blanc.

L’inscription d’une espèces sur la liste de la LEP déclenche des interdictions la concernant. Il est alors interdit de la tuer, de lui nuire, de la capturer, de la posséder, collectionner, acheter, vendre et il est interdit d’endommager ou de détruire son habitat. Puis, un plan de rétablissement de l’espèce est mis en place et les efforts commencent. Et on croise les doigts.


Au Québec​ ​

C’est un peu différent dans notre province, mais les grandes lignes se ressemblent. Au Québec, on a la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV), pour tenter la sauvegarde de la diversité génétique de la province. On y classe les espèces en deux catégories : les menacées (celles dont la disparition est appréhendée) et les vulnérables (dont la survie est précaire, même si sa disparition n’est pas appréhendée). La liste québécoise comprend 38 espèces animales, (20 menacées, comme le chevalier cuivré qui est endémique au Québec et le carcajou, et 18 vulnérables, dont l’alose savoureuse) et 78 espèces floristiques (57 menacées et 21 vulnérables, dont l’érable noir et l’aster d’Anticosti).

À cela s’ajoute une deuxième liste où figurent des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables sur lesquelles on doit garder un oeil. Cette liste comprend 115 espèces fauniques, dont 72 vertébrées et 43 invertébrés et 507 espèces de plantes.


Évidemment, tout le monde met la main à la pâte pour maintenir tout ce beau monde en santé. De nombreux pays ont leurs propres lois sur les animaux en danger. Il existe aussi des conventions internationales comme la ​Convention on International Trade of Endangered Species (​CITES) qui régit le déplacement et le commerce des animaux et des plantes. Plus près de nous, la Convention des animaux sauvages migrateurs entre le Canada, les USA et Mexique évalue la situation des animaux qui migrent en Amérique du Nord. Mais ce n’est pas tout de tenter de protéger les animaux et les plantes, il faut aussi s’intéresser à leur habitat (les écosystèmes) et aux services écosystémiques qu’ils rendent. La nature, c’est une grosse machine et si on enlève un morceau, aussi petit soit-il, il y a des risques que la machine se dérègle.



* Il existe aussi des lois pour protéger les milieux et créer des aires de conservation. On t’en parle ici.

** « En voie de disparition », ça veut dire qu’une espèce est exposée à une disparition imminente. Si elle est menacée, c’est qu’elle est susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés. Et quand on dit qu’elle est préoccupante, c’est qu’elle peut devenir une espèce sauvage menacée ou en voie de disparition en raison de son écologie et des menaces reconnues qui pèsent sur elle. 




Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Source image : USFWS MidWest

NOS DERNIERS ARTICLES