Les p’tits chanteurs du marais

Tout le monde sait que les oiseaux chantent au printemps pour attirer les femelles. Le mâle s’attrique de ses plus belles plumes pour cruiser les femelles entre avril et juin. Si tu te promènes en forêt et que t’écoutes comme il faut (après avoir écouté un des fameux balados Le Tour, bien sûr!), t’entendras sûrement d’autres chants dignes du dernier gagnant de La Voix… sûrement des grenouilles! Peut-être même un crapaud! Ou s’il fait un peu plus chaud, qui sait si c’est pas un gros ouaouaron qui te chante sa version de Shape of you (ça, c’est si t’as une méchante bonne imagination!)!

Les anoures – ce fameux groupe d’amphibiens* qui sautent – sont des animaux qui chantent pour les mêmes raisons que les oiseaux. Les anoures ont aussi un organe exprès pour leur donner une belle voix. Ce sont les sacs vocaux (FYI: l’organe du chant chez les oiseaux s’appelle le syrinx… on y reviendra!) qui permettent aux mâles de chanter. L’air circule entre le nez et les cordes vocales pour produire le coassement. Ensuite, le son est amplifié par les sacs vocaux gonflés d’air. En fait, les sacs vocaux, c’est exactement comme une caisse de résonance portative!

 

Des refrains connus

Wrabbit-wrabbit, piou-piou-piou ou bien vvvvvv-vvvvvvv, ça te dit sûrement rien vite de même, mais si on te faisait écouter un enregistrement, tu dirais que tu as déjà entendu ces sons au chalet ou en camping.

Parmi les sons les plus faciles à différencier : la rainette crucifère. P’tite gimpeuse, cette grenouille vit dans les arbres à proximité des milieux humides ou dans les marécages. Son chant est une série de piiip-piiip-piiip vraiment stridents. Comme une rainette ne vient jamais seule, ce que tu entends est probablement un mélange de piiip-pipipiii-pipipiii rapides et tellement forts que c’est difficile de discuter sur le bord d’un marais quand les rainettes chantent. True story. On les entend même en roulant sur la route les fenêtres fermées.

Une autre facile à identifier : la grenouille verte. On pourrait penser que la grenouille la plus standard du Québec soit l’interprète du fameux wrabbit-wrabbit, mais non! Elle joue un peu de guitare à une corde avec sa gorge. Essaye d’imiter avec ta gorge le son d’une corde de guitare qu’on pince avec nos doigts (le son gn-goung, genre)… Ça te donne un air un peu weird, mais c’est certain que tu imites la grenouille verte!

Maintenant, laisse les bruits de gorge et sors ton inner sabre laser. Imagine que Obi-Wan Kenobi, favori de Star Wars, fend l’air avec son sabre laser. Tu fais sûrement le son vvvvvvvvvv lentement, plusieurs fois de suite. Lâche ton sabre: t’es en train d’imiter un ouaouaron!

Dans les autres anoures faciles à imiter : la grenouille léopard qui ronronne comme… guess what… un léopard! Assez facile à confondre avec la grenouille des marais. Par contre, les grenouilles des marais sont plus rares que les grenouilles léopards. Le crapaud d’Amérique est aussi très facile à différencier : un loooooong trrrrrrrrrrr (ta langue qui roule dans ta bouche) qui continue presque sans arrêt. Et si tu te promènes dans les forêts, quand la neige fond, fin avril (omg, maintenant!), t’auras peut-être la chance d’entendre une grenouille des bois. Si t’as l’impression qu’un clown flatte une balloune avec des doigts mouillés en plein sentier, tu peux être certain que c’est une grenouille des bois. Ou un clown qui flatte une balloune. Mais les chances sont faibles: plus que de voir une grenouille des marais.

 

T’as le goût de pratiquer ton ouïe? GUEPE présente des activités pour te donner des trucs pour reconnaître les espèces et te pratiquer l’oreille. Les activités ont lieu à différents moments du printemps pour te permettre d’entendre toute sortes d’espèces. Surveille le site web des parcs-nature de Montréal ou la page Facebook de GUEPE pour connaître les dates, les heures et comment t’inscrire!

 

* On te parle ici d’une autre caractéristique des amphibiens : la respiration par la peau!

 

 

Source image couverture : Wiki