Animé par un esprit de vengeance, le capitaine Achab pourchassait le célèbre cachalot blanc Moby-Dick dans le roman de Herman Melville. Inspiré par les récits des chasseurs de baleines, cette histoire aura fait connaitre une espèce entourée de mystères. Ces mammifères marins, bien qu’ils préfèrent généralement les calmars aux jambes de marins, sont effectivement des prédateurs efficaces et bien adaptés.  

Ces animaux sont de gros cétacés odontocètes, ou en d’autres mots, des baleines à dents. Ils peuvent mesurer entre 11 et 15 mètres en plus de peser de 15 à 45 tonnes et ils ont les plus gros cerveaux du règne animal. On peut occasionnellement les retrouver dans le golfe ou dans l’estuaire du Saint-Laurent. Puis, si tu as envie d’aller les observer, tu les reconnaîtras par leur souffle qui pointe vers la gauche*. Saviez-vous aussi que l’huile provenant de ces baleines était utilisée pendant le 19e siècle pour l’éclairage et la lubrification des machines? Wow! On dirait presque qu’ils collectionnent les funs facts!  

En plus de tout cela, ils sont de vrais plongeurs des abysses! Bien qu’ils peuvent en général plonger entre 300 et 800 mètres pendant 40 minutes, ils peuvent également atteindre des profondeurs allant jusqu’à 2000 mètres. Comment font-ils pour retenir leur souffle et ne pas devenir des raisins secs sous la pression incroyable de l’eau? 

La nage en profondeur, ça commence à la surface 

Ces cétacés possèdent une physiologie qui est adaptée à la nage en profondeur. Pour commencer, rappelons-nous que les mammifères marins respirent avec des poumons. Ils doivent donc être à la surface pour respirer. Pour emmagasiner le maximum d’oxygène, les baleines font des respirations très efficaces. Elles échange environ 85 à 90 % de l’air provenant des poumons, comparativement à 15 % pour les humains. Ensuite, lorsqu’elles vont en profondeur pour chasser, elles plongent en apnée. Elles retiennent leur souffle! Pour réussir cet exploit, elles doivent, à la fois, avoir en réserve assez d’oxygène pour alimenter leurs parties vitales, ainsi que fournir l’énergie nécessaire à la nage et résister à la pression de l’eau sur leur corps.  

En route vers les profondeurs!

De vrais maîtres d’apnée 

Pour avoir une bonne réserve d’oxygène, les cachalots ont plus d’un tour dans leurs nageoires! Ils possèdent à la fois un sang très riche en globules rouges, qui sert à transporter l’oxygène, en plus d’avoir une grande quantité de myoglobine pour stocker l’oxygène dans les cellules de leurs tissus musculaires. Il peut y en avoir jusqu’à 11 fois plus que pour les mammifères terrestres! C’est ce qui donne une couleur rouge à la chair, qui est très foncée, presque noire pour les cachalots.  

La myoglobine est une protéine qui, présente en trop grande quantité, pourrait s’agglutiner et ainsi perdre toutes ses propriétés. Chez le cachalot, la myoglobine possède une charge électrique positive à sa surface, ce qui l’empêche de s’agglutiner exactement comme deux aimants qui possèdent une même charge vont se repousser. Elle peut donc continuer d’entreposer de l’oxygène. La myoglobine chez les mammifères marins, c’est un peu comme les bonbonnes d’oxygènes des plongeurs!  

De plus, pour conserver les fonctions vitales du cachalot, le sang alimente préférablement des organes vitaux, alors que d’autres fonctions comme la digestion sont ralenties. Ils vont également adapter leurs comportements pour dépenser le moins d’énergie possible en plus de diminuer leur température corporelle.  

Adaptés pour résister à la pression 

Maintenant, on a vu comment les baleines font pour retenir leur souffle, mais une autre question se pose : comment résistent-elles à la pression de l’eau? Tout d’abord, leurs oreilles sont adaptées pour encaisser de grandes pressions, au même titre que leurs poumons. Ceux-ci sont proportionnellement plus petits que ceux d’un humain. C’est avantageux d’avoir de petits poumons parce qu’en profondeur, la pression de l’eau s’accroît particulièrement sur l’air à l’intérieur du corps. Pour un animal qui n’est pas adapté à la pression de l’eau (comme nous!), ça peut occasionner des tensions et des dommages, notamment aux cavités qui contiennent l’air comme les poumons et les oreilles.  

En plus des petits poumons, leurs côtes sont maintenues ensemble par un tissu cartilagineux, ce qui aide à résister à la pression qu’exerce l’eau sur le corps et permet de protéger les poumons.  

Les yeux pour leur part sont protégés par la présence d’une cornée plus épaisse ainsi que de vaisseaux sanguins et de muscles oculaires importants.  

Dernier petit fun fact : avant, on estimait que le spermaceti, un organe présent dans le melon des cachalots, était utilisé pour réguler sa pression interne ou bien pour aider à sa descente lors des plongées. Bien que sa fonction n’est pas encore tout à fait claire, on pense aujourd’hui que sa fonction principale est en lien avec l’écholocation


* C’est que leur conduit nasal droite est bloqué, car il sert à autre chose (plus spécifiquement à produire des clics), donc quand ils respirent, c’est seulement avec leur conduit nasal gauche.

Par : Andréanne, éducatrice-naturaliste senior et coordonnatrice des activités Charlevoix

Sources images : Wiki, Gregory Smith

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