Les Montérégiennes, ça te dit quelque chose? (Nenon, pas les madames qui habitent en Montérégie…) On parle ici de ces petites montagnes dispersées dans la plaine qui entoure Montréal. Entre Oka et Lac Mégantic, une série de collines bien en forme dessinent une ligne (presque) droite à travers la plaine du St-Laurent. Ces monticules escarpés au beau milieu d’une surface plane, on les appelle des inselbergs.

Parmi nos Montérégiennes, on compte le fameux Mont Royal, mais aussi les Monts St-Bruno, St-Hilaire et St-Grégoire, puis on ajoute ceux de Rougemont et Yamaska, le Mont Shefford, le Mont Brome, le (très étoilé) Mont Mégantic, et finalement, les Collines d’Oka. 


Les Montérégiennes
1- Oka, 2- Mont Royal, 3- Mont St-Bruno, 4- Mont St-Hilaire, 5- Mont Rougemont, 6- Mont St-Grégoire, 7- Mont Yamaska, 8- Mont Shefford, 9- Mont Brome, 10- Massif du Mont Mégantic


On trouve dans le sol des Montérégiennes des roches rares parce qu’elles ont été formées à partir de magma d’origine, un type de magma qu’on trouve à une très grande profondeur. (C’est entre autre pour cette raison que beaucoup d’entre elles sont exploitées pour leur minerai.) 

D’où il vient ce magma très profond? Des dykes. À certains endroits dans le manteau et la croûte terrestre, il existe des faiblesses. Dans ces fissures, le magma peut se frayer un chemin vers la surface de la terre à travers les couches de roche sédimentaire qui est friable. Ces infiltrations de magma, on appelle ça des dykes. On pourrait dire que nos inselbergs ont en quelque sorte été formés par un point chaud sous la croûte terrestre.

Dans le cas des p’tites Montérégiennes, ce magma s’est refroidi sans avoir traversé la croûte terrestre. Au contact de la chaleur du magma, la roche sédimentaire aux alentours s’est transformée* en roche métamorphique, qui est super dure, formant un dôme de roche méga solide enfoui dans la roche sédimentaire sous la surface du sol. 

Ettttt on revient au glacier (encore lui), quand il est passé, il a presque tout arraché sur son passage (et par là, on veut dire qu’il est parti avec tout, même le sol, ou du moins, la couche de roches sédimentaires de surface). Mais les dômes de roches métamorphiques, super solides, sont restés en place et c’est ce qui nous a donné les Montérégiennes.


Le Mont St-Hilaire, le Mont Rougemont et le Mont Yamaska, au milieu de la plaine. 


T’as peut-être entendu la fabuleuse histoire qui raconte que les Montérégiennes seraient d’anciens volcans. Et bien non. Sur certaines de nos collines, les glaciers ont réussi à arracher une mince couche de roche métamorphique au-dessus du dôme. Ça a créé des dépressions au sommet des montagnes, qui sont aujourd’hui des lacs. C’est ce qui leur donne leur allure de volcan éteint. Mais comme le magma n’a jamais vu la lumière du jour dans leur formation, ce ne sont pas des volcans.


Le Mont St-Hilaire, a.k.a. un tas de roches métamorphiques MÉGA solide


En plus des exploitations minières, le sol des Montérégiennes est parfait pour agriculture, (spécialement pour la production de pommes). Mais c’est pas tout. Ces petites collines, dispersées dans le sud de la province sont aussi de super destinations-nature pour se dégourdir les jambes. Des réseaux de sentiers sont disponibles sur (presque) toutes les Montérégiennes**. Alors, pourquoi pas aller faire un tour sur ces monticules de magma refroidi, résistant au méga-glacier; tu pourras nous envoyer une photo prise du sommet***! 



* Oui, un peu comme les insectes et l’eau, les roches se transforment et suivent un cycle. Le cycle des roches. On y reviendra. 

** Tu peux te promener à travers les collines d’Oka au Parc National d’Oka, visiter le Parc du Mont Royal, le Parc national du Mont St-Bruno ou le Centre de la Nature du Mont-Saint-Hilaire dans la Réserve Naturelle Gault. Sinon, il y a toujours les sentiers du Mont St-Grégoire et du Mont Rougemont. Le Parc des Montagnards, au Mont Shefford, le Parc des Sommets et le Mont Brome, en plus du Parc national du Mont-Mégantic accueillent aussi les randonneurs. Le Mont Yamaska en lui-même n’est pas accessible pour la randonnée pédestre, mais à quelques kilomètres, dans le Parc national de la Yamaska, on trouve des points de vue sur la montagne qui valent le détour. 

*** En respectant les distances physiques, bien entendu!




Sources images : GUEPE, NASA – NASA’s Earth Observatory, Anne F. Préaux

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