Un écosystème, c’est un grand réseau où l’on retrouve une multitude d’interactions entre les différentes composantes. Chez les vivants (on met donc de côté les éléments abiotiques comme l’eau et le sol), ces interactions peuvent prendre plusieurs formes : des échanges, des relations bénéfiques ou toxiques (ou ni un ni l’autre), des concours, de l’entraide… On les appelle des interactions biologiques. À l’échelle de l’individu, ces relations sont positives (+), négatives (-) ou neutres (0). Pour comprendre comment les vivants vivent les uns avec les autres, on se penche sur leurs relations et on démystifie la grande équation de la coexistence.  

Ça arrive que ces interactions soient négatives pour certains… comme pour ce crabe.

Les interactions peuvent exister entre des individus (ou des groupes*) d’espèces différentes. Ce sont des relations interspécifiques. En contrepartie, si deux individus de la même espèce sont en relation, on dit qu’ils ont une relation intraspécifique. Et comme la nature ne fait rien à moitié, il existe des tonnes de ces interactions, d’envergures différentes, à long ou court terme, essentielles ou pas, ayant des impacts plus ou moins importants pour l’un, l’autre ou les deux individus impliqués. On va démêler le tout ensemble une interaction à la fois**.  

La compétition = – / – 

Lorsque deux individus sont en compétition, c’est qu’ils ont besoin de la même ressource. Que ce soit de la nourriture, des matériaux ou de l’espace, ils devront interagir ensemble pour l’obtenir. Pense aux quenouilles qui compétitionnent avec le phragmite pour des habitats de choix ou encore à deux mâles d’une même espèce qui se chamaillent pour une femelle. Généralement, l’individu le mieux adapté aura le dessus sur l’autre. Toutefois, dans ce type de relation, les deux individus doivent dépenser de l’énergie pour arriver à leurs fins. La compétition est donc une relation négative pour l’individu A (-) et l’individu B (-), parce que dans le meilleur des mondes, la compétition n’existerait pas. #àmoi 

La prédation = + / – 

Dans ce type de relation, l’individu A (+), celui qui mange, tire des avantages très faciles à comprendre, contrairement à l’individu B (-), celui qui se fait manger. Oui, c’est vrai, le prédateur devra dépenser de l’énergie pour obtenir sa proie, mais les bénéfices obtenus seront (généralement) plus grands que le coût de la « chasse ». La prédation, c’est bien entendu un ours (+) qui mange un saumon (-), mais c’est aussi un cerf (+) qui broute les bourgeons d’un sapin baumier (-). #miammiam 

Le commensalisme = + / 0 

Un oiseau (+) qui ramasse des poils de cerf (0) tombés au sol pour faire son nid, c’est le parfait exemple de commensalisme. Une espèce profite d’une autre sans que cette dernière ne soit affectée, ni positivement, ni négativement. Cette interaction peut être indirecte, comme c’est le cas de l’exemple précédent, ou directe. Les balanes (+) qui vivent sur les baleines (0) ont une relation de commensalisme direct avec leur hôte. #dontknowdontcare 

Le parasitisme = + / – 

En parlant d’hôte… Dans la dynamique du parasitisme, l’individu A (+), le parasite, va nuire à son hôte, l’individu B (-). Le parasite n’entraîne pas la mort de son hôte (sinon, on parlerait de prédation), mais il vit à ses dépens. Il s’installe soit à l’intérieur de son hôte, comme un ver solitaire (+), sur son hôte ou même dans l’environnement immédiat de son hôte (comme le vacher (+) qui pond ses œufs dans le nid des autres oiseaux (-)). Le parasite peut alors consommer (littéralement) son hôte, utiliser son énergie ou profiter de ses ressources. #notcool 

La symbiose = + / + 

Quand on parle de symbiose, on parle du parfait mariage entre deux entités. La survie de l’individu A (+) dépend de sa relation avec l’individu B (+) et vice versa. Le lichen est probablement l’exemple de plus courant de symbiose (entre une algue et un champignon). Les champignons s’unissent aussi aux plantes par symbiose mycorhizienne. On retrouve ces beaux petits couples partout, même dans ton intestin***. #matchparfait 

Le mutualisme = + / + 

Alors qu’elle butine en se couvrant de pollen, une abeille consomme le nectar d’une fleur. C’est le mutualisme : l’individu A (+) et l’individu B (+) profitent tous deux de l’interaction, mais, en comparaison avec la symbiose, leur survie n’en dépend pas. En échange des services de pollinisation pour les plantes, les insectes profitent d’une source de nourriture supplémentaire. Un autre exemple? Les graines des plantes que les oiseaux mangent sont transportées (ou disséminées) et déposées dans leurs crottes (ou de l’engrais naturel). La graine a été dispersée, favorisant la plante, et l’oiseau a mangé. #amispourlavie  

Tant que les organismes vivants partageront des espaces, consommeront les mêmes ressources, vivront en communauté, tenteront de survivre, les interactions biologiques auront lieu. Elles sont en quelque sorte le moteur des écosystèmes et un témoin tangible de l’évolution. Parce que qui dit interaction, dit adaptation. 1 + 1 = 2 


* Pour les besoins de ce texte, on va utiliser le terme « individu » le plus souvent, mais saches que des groupes, voire des populations, peuvent aussi vivre des interactions.   

** On se concentre sur les principales interactions observées dans la nature, mais il existe d’autres types ou des variations de celles présentées ici. 

*** Ton microbiote intestinal, ou ta flore intestinale, vit en symbiose avec ton organisme. C’est toujours étonnant de savoir que dans les fins fonds de ton intestin, c’est une lune de miel infinie.  

Par : Anne Frédérique, éducatrice-naturaliste senior

Sources images : Wiki, pxfuel, pxfuel, Pixabay

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