Qui s’est déjà plaint de piqûres de moustique en hiver? Est-ce que nos grosses couches de vêtements nous protègent? Ou bien est-ce que tous les insectes se volatilisent à l’arrivée du froid? On élucide ce mystère en répondant à cette question : les insectes hibernent-ils en hiver?

Un oothèque de mante religieuse, rempli qui attend patiemment le printemps

Les insectes sont des petits êtres bien intrigants. Parfois nous les aimons, parfois ils nous énervent, surtout quand ils se décident à nous piquer! En été, ils sont partout! En train de butiner les fleurs, de fonder une colonie ou de nous tourner autour de la tête. Cependant, dès que les beaux jours chauds de l’été laissent place à la fraicheur de l’automne, ils disparaissent. Mais que deviennent-ils vraiment? 

Le métabolisme des insectes

Contrairement aux humains, les insectes sont des êtres dits ectothermes ou animaux à « sang-froid »*. Cela veut dire qu’ils ne produisent pas leur propre chaleur et que leur température corporelle est directement liée à celle de leur environnement. Ainsi, pour se réchauffer, ils prennent des bains de soleil, et pour se rafraîchir, ils se réfugient sous la terre. 

Mais alors, comment se réchauffent-ils quand il neige?  

Les différents mécanismes d’évitement

En réalité, quatre solutions s’offrent aux insectes à l’approche de l’hiver : migrer vers le sud, se cacher, s’adapter aux conditions ou, malheureusement, mourir.

Ceux qui migrent

Quitter pour aller dans le sud! C’est ce que fait le papillon monarque de façon bien remarquée. Des millions de papillons monarques quittent en même temps les terres canadiennes en direction du Mexique. Ces papillons parcourent près de 5 000 km en moins de deux mois! Impressionnant n’est-ce pas? D’autres insectes choisissent cette stratégie de fuite : la belle-dame, un autre papillon haut en couleurs, certaines sauterelles, de nombreuses espèces de libellules et des pucerons. 

Ceux qui se cachent

D’autres insectes, comme le bourdon, cherchent la chaleur ailleurs. Ils s’enfoncent profondément dans le sol pour se mettre à l’abri du gel. En effet, s’enterrer de 10 centimètres dans le sol équivaudrait à une migration de 100 km vers le sud**! La coccinelle asiatique, peu farouche, choisit quant à elle de s’inviter dans nos maisons, formant des colonies qui profitent du chauffage. 

Ceux qui s’adaptent au froid, en s’activant ou en dormant  

Certains insectes plus téméraires comme les abeilles qui décident de faire du sport pour se réchauffer. En agitant leurs ailes, en groupe, elles créent de la chaleur autour de leur reine. D’autres préfèrent se reposer. On dit qu’ils entrent en diapause (une sorte de dormance chez les insectes (-.-)zzZZ qu’on pourrait comparer à une hibernation). Leur métabolisme ralentit; il s’arrête presque. L’insecte ne respire, ne mange, ne bouge presque plus. Afin de ne pas geler, il évacue l’eau de son corps et produit une substance dans son sang qui agit comme un antigel naturel, le glycérol (une sorte de sucre). Certaines espèces de coléoptères accumulent jusqu’à 30% de leur poids en glycérol, ce qui leur permet de survivre jusqu’à des températures atteignant -50°C. Un peu comme les grenouilles des bois!

Ceux qui ne résistent pas

Cette dernière catégorie d’insectes, bien malheureuse, ne supporte pas le froid. Alors, avant de mourir, elle décide de pondre pour assurer la survie de son espèce. C’est le cas de la mante religieuse avec son oothèque. La nouvelle génération survit à l’hiver sous forme d’oeufs, de larves ou de nymphes en dormance, cachée dans le sol ou sous les feuilles mortes. Ces derniers pourront commencer leur développement à l’arrivée du printemps. 

Un petit geste pour les aider

On peut aider les insectes en été, mais nous pouvons aussi faciliter leur survie durant l’hiver. Rien de plus simple : ne pas ramasser les feuilles et branches quand elles tombent à l’automne. En effet, tout ce qui peut rester au sol (branches, souches, feuilles, etc.) servira de protection pour les insectes. Alors à l’arrivée de l’automne, voici LA parfaite excuse pour vous épargner une tâche de nettoyage fastidieuse. Laissez votre jardin tranquillement se couvrir de feuilles, les insectes ne s’en porteront que mieux! 


* C’est aussi le cas des reptiles, comme les tortues et les couleuvres, et des amphibiens+, et bien d’autres animaux!

** Te souviens-tu des animaux subnivaux? C’est la même stratégie.

Par : Aymeric, éducateur-naturaliste

Sources images :  Pixabay, Gilles San Martin, Evelyn White

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