« Bibittes », c’est un terme non-officiel pour un tas de créatures qu’on range toutes dans le même tiroir de notre mémoire parce qu’elles sont petites et qu’elles ont beaucoup de pattes (et souvent, parce qu’elles écoeurent). Alors, on va faire le ménage dans ce tiroir, on va démêler les fils qui relient les insectes, les araignées, les scutigères et les autres bibittes (mal aimées). 


D’abord, il faut savoir que la plupart des animaux qu’on appelle des bibittes appartient au phylum (au groupe) des arthropodes. Ce sont des invertébrés avec un exosquelette (une carapace dure) pour protéger leur corps séparé en segments (on dit des métamères) et ils ont beaucoup de pattes qui sont articulées (donc, elles peuvent plier). Bien que cet embranchement du vivant soit celui qui regroupe le plus d’espèces, on en éloigne tous les vers de terre et les sangsues (qui sont dans le groupe des annélides), les escargots, les limaces (deux exemples de mollusques), les serpents et les grenouilles (des vertébrés). Tous des exemples d’animaux qu’on a déjà entendu se faire appeler « une bibite ». 

Les arthropodes se divisent en 5 principaux sous-embranchements : les chélicérates, les crustacés, les hexapodes, les myriapodes et les trilobites (dont on ne connaît que des individus fossiles). Alors, qui est qui?


Les chélicérates

Une épeire diadème, la princesse des araignées

On trouve dans ce groupe les bibites à 8 pattes. Voici donc où se cachent les araignées, les scorpions et les acariens. Leur corps comporte 2 parties distinctes, la tête (qui est fusionnée avec le thorax, donc le céphalothorax) et l’abdomen. La plupart des chélicérates ne peuvent pas manger de nourriture solide. Elles ont donc des pièces buccales modifiées qu’on appelle des chélicères (d’où le nom de leur groupe) et qui leur permettent d’absorber leur nourriture de manière liquide (ou du moins, molle). Par exemple les tiques sucent le sang et les araignées utilisent leur crochet à venin. Ces bestioles à 8 pattes ont aussi des pédipalpes pour manipuler leur proie (chez les scorpions, elles ont la forme de pinces). 


Les crustacés

La belle écrevisse

Oui, oui, tu les connais. Crevettes, homards, crabes et écrevisses sont les fiers (et les plus connus principalement à cause de la popularité culinaire) représentants des crustacés. Mais il y en a bien d’autres : des microscopiques, comme les daphnies et des insoupçonnés, comme les balanes qu’on voit sur les rivages ou sur certaines baleines. Les crustacées ont tous plus de 10 pattes (par exemple, le cloporte, le seul crustacé terrestre du Québec, a 14 pattes) et 2 paires d’antennes. 


Les hexapodes

Mandibules much!

Hexa- pour 6. Ces petites créatures ont 6 pattes; on les appelle aussi les insectes. Ils n’ont pas vraiment besoin de présentation, mais on tient à rappeler que leur corps est divisé en 3 parties (tête, thorax et abdomen), qu’ils ont des antennes et que presque tous les hexapodes ont des mandibules pour accompagner leurs pièces buccales. Pour te souvenir de cet important groupe, pense à la fourmi, elle présente toutes les caractéristiques de manière évidente. 


Les myriapodes

Les belles pattes du mille-pattes

On trouve dans ce dernier groupe (et non le moindre) les scutigères, les milles-pattes et les centipèdes. Ils sont caractérisés par un corps généralement looooooong dont chaque segment porte 1 à 2 paires de pattes. Et ils ont 4 mandibules. 


Ce qui unit toutes ces belles créatures, ce n’est pas seulement leur apparence. Pour grandir, changer de taille ou acquérir des nouveaux organes, elles doivent changer périodiquement leur squelette externe : elles doivent muer. On parle ici de mue de croissance ou encore de métamorphose, comme lorsque la chenille devient un papillon. L’ensemble de ce groupe, comme il représente plus de la moitié de toutes les espèces animales vivantes, a non seulement un grand succès grâce à ses adaptations, mais il est aussi un pilier de tous les écosystèmes en formant la base de la chaîne trophique, avec les producteurs. 

Alors, les bibittes, c’est beaucoup de petites créatures, aussi essentielles pour la maintien de la biodiversité que magnifiques par leur ingénierie. 




Sources images : krzysztofniewolny, Pxfuel, Pixabay, Thomas Shahan

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