L’empreinte écologique, un outil

L’empreinte écologique, c’est pas les traces de pas que laissent des centaines de manifestants qui militent pour le climat. C’est un concept global qui permet de calculer l’impact que nous avons sur la planète. Quand on le comprend, ça devient un outil assez intéressant pour évaluer la pression que notre pauvre Terre subit. On a donc décidé de t’expliquer en gros c’est quoi pour que tu puisses mettre ça dans ta pochette à outils écolo. 


D’abord, l’empreinte écologique c’est une mesure de surface (d’où le mot « empreinte »). On calcule  l’espace qui est utilisé pour produire et transformer toutes les ressources naturelles qu’un individu, une population ou une activité consomme et pour absorber les résidus (qu’on pourrait aussi appeler des déchets) qui sont créés. Toutes les choses que tu utilises, manges, portes, conduis, allumes, uses, bois, flattes, piétines, laves, (et on pourrait continuer comme ça longtemps) viennent de quelque part. Prend ton ordinateur par exemple. Il est fait avec des morceaux de plastique, de verre, des tonnes de tits bouts de métal en tout genre. Ces pièces viennent d’une exploitation de pétrole puis d’une raffinerie ou d’une mine. On les transporte, on les modifie, on les transporte encore, on les modifie plus, et transporte encore. On les vend. Tu les achètes et tu utilises tous les morceaux. Un jour, ton ordinateur, il n’est plus bon, trop vieux et clairement pas assez performant : c’est normal. Mais à partir de ce moment, tous ces morceaux, ils n’arrêtent pas d’exister. Ils prennent encore de l’espace sur la planète. Ça l’air de rien les morceaux de ton ordinateur en comparaison avec la Terre, mais quand tu penses à toutes les choses que tu consommes, ça commence à prendre pas mal de place. On pourrait faire le même exercice avec une montre, une tomate ou encore une voiture. 



L’empreinte écologique ça aide à analyser les pressions sur l’environnement avec un angle bien précis. On part de l’hypothèse que la capacité de régénération de la Terre a une limite. Et éventuellement, cette limite pourrait affecter la vie (l’économie) humaine si on continue à surexploiter ce que la planète (la nature) est capable de renouveler. 


Comment on l’applique? Le plus souvent, on va calculer une empreinte pour un pays. On va déterminer les besoins d’une nation et on va diviser par la population. L’empreinte écologique du Canada c’est 7,7 hectares (ha)* par personne (2016**). Ça voudrait dire que tous les Canadiens utilisent annuellement 7,7 ha pour subvenir à leurs besoins. Pour que ce chiffre fasse du sens (parce que c’est bien beau 7,7, mais si on a rien pour le comparer, ça ne veut pas dire grand chose), on doit le mettre en contexte avec la biocapacité. Ça, c’est ce que la nature a à nous offrir (ce qu’on peut utiliser et la place qu’on a pour mettre nos déchets) dans les limites du pays.

Au Canada, notre biocapacité est de 15,1 ha par personne. En d’autres mots, la nature du Canada peut offrir 15,1 ha par personne et on en utilise chacun 7,7. Wow! Un scénario extraordinaire! On a même de la nature en surplus ici. Oui, parce que notre pays est suuuuper grand (le 2e plus grand) et parce qu’on est pas tant que ça.
Voyons un autre exemple. Aux États-Unis, l’empreinte écologique est de 8,1 ha par personne (ce qui n’est pas tellement loin de nous). Par contre, la biocapacité est de 3,6 ha par citoyen. On appelle ça, le dépassement écologique.
Tu vois le problème? On dit pas que les États-Unis c’est le problème. Ils sont plus nombreux que nous, ils ont donc moins « d’espace » disponible. Le problème c’est la manière dont on consomme. Si tout le monde sur la Terre consommait comme les Canadiens ou les Américains, il nous faudrait 4-5 planètes pour subvenir à nos besoins. 

Parce qu’il y a des inégalités grandioses dans le monde, certains pays ont des empreintes écologiques minuscules et d’autres ont des réserves de biocapacité (comme ici) qui peuvent être « partagées » avec les autres pays qui font moins bien. 


Une scierie.


Il faut aussi savoir qu’une empreinte ça se partage. Prenons l’exemple des transports. Disons que tu te rends tous les jours au travail en voiture. L’empreinte de ta voiture (ses matériaux, l’essence, la pollution) est uniquement la tienne. Évidemment, l’empreinte de ta voiture est plus petite que celle d’un autobus qui est beaucoup plus gros. Par contre, chaque passager de l’autobus partage son empreinte. Alors, à l’heure de pointe, quand il y a 50 personnes et plus dans l’autobus, son empreinte devient vraiment plus petite que celle de ta voiture. 


Actuellement et de manière générale, on (les humains) utilise beaucoup trop de ressources et d’espace pour la capacité de régénération de la planète. L’empreinte écologique, ça devient un outil pour sensibiliser les gens à ce problème. Parce que ça revient à chacun des citoyens de la Terre de comprendre le problème, mais surtout de tenter de diminuer son impact. Et ça, ça commence avec les choix qu’on fait dans notre quotidien. Est-ce que j’en ai vraiment de besoin ? Est-ce qu’il y a une alternative plus propre ? Est-ce qu’il y a moyen de ne pas créer de déchets ? Personne te tord le bras pour que tu achètes le concombre pas emballé. Tu le choisis. Personne vient dans ta maison pour te dire de recycler les emballages. Tu le choisis. Alors, le premier pas dans la bonne direction, c’est de diminuer ta propre empreinte écologique. 


Tu peux « calculer » ton empreinte ici. (C’est pour les enfants, mais ça peut te donner une petite idée du genre de consommateur que tu es.) 



* Un hectare, c’est environ un terrain de football. 

** Tous les chiffres viennent de Footprint Network, un site que tu devrais visiter. C’est très éclairant.



Sources images : Pixabay, Pixabay