Le mois de mars, c’est le mois le plus sucré de l’année parce qu’on peut enfin récolter la fabuleuse eau des érables. C’est pas la seule ressource qu’on tire des arbres, on pourrait nommer entre autres le caoutchouc, le bois (dah!), l’oxygène, mais malgré son caractère complètement inutile (si on le compare), l’eau d’érable, c’est de loin le plus déliiiiiicieux des produits sylvestres.



Principe de la coulée

Pour qu’un érable coule, on doit avoir des périodes de gel et dégel qui s’alternent. Quand la température descend la nuit, les petites branches de l’arbre se refroidissent. Les gaz se contractent à l’intérieur même de l’arbre et créent des vides. Il faut mentionner qu’à ce moment-là de l’année, le sol est gorgé d’eau parce que la neige commence à fondre! Un phénomène de succion fait monter l’eau absorbée par les racines pour remplir les espaces laissés par les gaz. C’est là que les sucres de l’arbre se mélangent à l’eau. 

Quand le soleil commence à se lever, les températures remontent et les gaz se relâchent. Ils exercent alors une pression sur l’eau emmagasinée dans l’arbre. L’eau est donc poussée vers le bas, par la pression et par la gravité. Comme le tronc des érables exploités est entaillé, l’eau coule par le trou sous la trop forte pression dans l’arbre et la tubulure se remplie d’eau d’érable sucrée presque prête à être consommée. Ce qu’on veut que tu comprennes ici c’est que c’est pas de la sève qu’on récolte dans les tubes bleus, mais bien de l’eau qui est rejetée par l’arbre et qui s’adonne à être sucrée (et c’est tant mieux pour nous).



Spotlight sur les Acers du Québec

En plus du très fameux érable à sucre, on a 6 autres espèces d’Acer qui couvrent notre province. Deux sont des arbustes : l’érable à épis, qui ne fait pas d’épi, et l’érable de Pennsylvanie. On a l’érable rouge, facilement identifiable par le pétiole rouge de ses feuilles. L’érable argenté a des sinus très profonds (pas les sinus de nez, les «craques» de la feuille…) et on le retrouve généralement dans les milieux humides. On a aussi l’érable à Giguère (oui, oui, c’est son nom) ou Negundo (non, on n’invente rien). C’est le seul de la gang à avoir des feuilles composées. L’érable de Norvège, c’est le petit cousin qu’on a adopté (parce qu’il vient pas d’ici, mais qu’on a naturalisé)*. Et l’autre qui en arrache, celui qui est une espèce vulnérable : l’érable noir. On serait pas mal tristes de voir ses feuilles velues disparaître… 

Et finalement, le dernier et non le moindre, l’érable à sucre, l’emblème de notre pays, mais aussi le précieux fournisseur d’eau d’érable. On reconnaît ses samares en forme de U et ses feuilles jaunes à l’automne. D’ailleurs, on peut aussi l’entailler avant l’hiver, si les conditions sont bonnes. On pourrait aussi entailler toutes les espèces d’érables si on le voulait. Quoique l’eau d’érable à sucre reste la meilleure, et de loin, la plus sucrée. Si tu le sens funky, tu pourrais aussi entailler des bouleaux (leur sirop est de plus en plus prisé) et plein d’autres espèces. 


Érable à sucre, le classique


Une récolte qui marche

Le Québec est le numéro un des acériculteurs dans le monde! Dans le bon vieux temps, tout se faisait à la main. Les vaillants producteurs de l’époque devaient visiter chaque arbre entaillé et récolter l’eau de tous les récipients. Aujourd’hui, heureusement 98,5% des producteurs acéricoles utilisent la tubulure pour collecter leur précieuse eau. L’eau circule par gravité à travers le réseau de tubes qui suit la pente naturelle du terrain (des fois, y’a aussi une pompe pour faciliter le processus). Pas de stress, une entaille dans un érable, ça ne fait pas souffrir l’arbre, même qu’on peut multiplier les entaillages sur un même individu. Généralement, après quelques années, le trou se cicatrise naturellement. 



* On est tellement inclusif, que c’est une feuille d’Érable de Norvège qu’on retrouve à côté de la face de la reine sur nos billets de 20$… 




Sources images : Pixabay, GUEPE, Plant Image Labrary

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