Le sol qui fait les pommes

Ça y est, la saison des pommes est enfin de retour! Le Québec n’a pas une renommée mondiale que pour son sirop d’érable. On est pas mal bon en pommes itou! On te suggère donc de mettre tes bottes en tuyau et de prendre la direction des basses Laurentides pour aller arpenter les vergers. Pourquoi les basses Laurentides? Parce que c’est un des épicentres de la production de pommes de la province. Et ce n’est pas un hasard et on t’explique ça juste ici. 

Prenons Oka, une des capitales « 100% terroir » de la région. Pourquoi on retrouve des dizaines de vergers au pouce carré dans les environs d’Oka? La raison est simple : le sol. Dans ce coin-là, le sol est hétérogène, on trouve plein de dépôts différents ce qui donne un sol super riche parfait pour l’agriculture en général. 



Cette région fait partie des Montérégiennes, qui ont été formées par la dérive des continents et qui ont été façonnées par des points chauds qui ont fait remonter la croûte terrestre. (Volcans! Ou presque.) Il faut aussi savoir qu’à un moment donné, sur le Québec en entier, il y avait un immense glacier. Lorsqu’il s’est retiré progressivement, la région d’Oka a connu différentes séquences de dépôts. Le glacier, d’abord freiné par la colline d’Oka (une des Montérégiennes, on se souvient), a laissé du till grossier. Quessé ça? On appelle till, un mélange d’argile, de sable, de gravier et de grosses roches qui a été laissé par un glacier. 

Ensuite, la Mer de Champlain* a laissé deux types de dépôts. En bordure de la mer, là où l’altitude était plus élevée, des dépôts littoraux de sable ont été laissés (c’est entre autre pour ça qu’on retrouve des carrières de sable dans cette région-là aussi). À plus basse élévation, où la mer était plus profonde, les dépôts étaient plutôt argileux. Et finalement, lors du passage du lac Lampsilis** avec l’érosion causé par l’eau, des graviers intermédiaires (donc semi-petits) on été aussi déposés. Avec les siècles, tout ça s’est mélangé et a fait une belle soupe riche! 



C’est ce beau mélange (l’hétérogénéité du sol) qui explique les différentes et abondantes cultures dans la région. Plus spécifiquement, les cultures de pommiers dominent sur les coteaux sableux. Le sable ne retient pas beaucoup l’humidité et les pommiers préfèrent généralement les sols bien drainés. En plus, comme ce sont des terrains bien inclinés (collines, plateaux qui se succèdent et vallons), c’est le spot idéal pour les vergers. 

Alors, il y a aura des pommes, c’est garanti. De la bouette, c’est garanti. Et du fun, c’est garanti. Voici une petite liste de vergers où l’auto-cueillette est permise. C’est parti! 


* Ce sont les résidus du glacier qui ont formé la Mer de Champlain dans la dépression qui existaient entre deux plaques tectoniques. Aujourd’hui, on appelle cette dépression les basses-terres du St-Laurent.

** C’est ce que la Mer de Champlain a laissé derrière elle quand elle s’est retirée. Le lac Lampsilis, c’est donc un résidu, de résidu. 



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