Ça y est le printemps est là! À la vue des bourgeons, des premières fleurs et au chant des oiseaux, t’as qu’une seule envie : aller enfin te dégourdir les pattes en pleine nature! Ça tombe bien, on a la proposition parfaite de randonnée incroyable pour toi! Tu aimes t’immerger dans la végétation nordique, les gros cailloux et les beaux points de vue? Ta destination idéale de randonnée, c’est le Mont-du-Lac-des-Cygnes dans Charlevoix! 

C’est la star du parc national des Grands-Jardins, avec son point de vue à couper le souffle (du souffle y en a, alors n’oublie pas ta petite laine) et son histoire géologique atypique. À 1 h 30 de route de Québec, tu te stationnes au centre de services au km 21 de la route 381. Après avoir rempli ta gourde, tu commences ton ascension. Deux choix s’offrent à toi, mais tous les chemins mènent en haut du Mont-du-Lac-des-Cygnes! Si tu es du type randonneur expérimenté, prends le sentier Le Pioui avec 10,4 km à travers la végétation arctique-subalpine et une petite tourbière à pergélisol*. Pour le marcheur tranquille, le sentier Mont-du-Lac-des-Cygnes (8,6 km) emprunté depuis 1930 te permettra de faire une pause pique-nique devant le lac Georges, créé par un ancien glacier, l’Inlandsis laurentidien**.

Quel que soit ton choix, le passionné*** de la nature en toi sera ravi par la multitude d’espèces végétales et animales croisées en chemin! La végétation traversée témoigne des épidémies d’insectes et des anciens feux qui ont ravagé la région, et qui ont été succédés par des forêts de peupliers faux-tremble, de bouleaux blancs, de sapins baumiers ou encore d’épinettes noires. Côté faune, le tétras du Canada (l’emblème du Parc des Grands-jardins) te fera peut-être une démonstration de sa parade nuptiale ou tu pourrais observer les traces de nombreux mammifères tels que l’ours noir. Il est même possible que tu aies la chance de croiser le troupeau de caribous qui réside dans le parc! Proche du sommet, dans le cœur de la toundra québécoise, garde les yeux ouverts pour un porc-épic en quête de nourriture! (Moi-même, j’en ai vu!)  

Un tétras mâle avec son beau sourcil rouge!

À 980 m d’altitude, on arrive enfin au sommet et au point de vue tant attendu. Une passerelle en bois est aménagée au milieu de la végétation montagnarde subalpine, pour ne pas piétiner cet écosystème fragile. On est presque arrivé, et on sent que l’air est plus frais près des nuages. Attention aux rafales parfois fortes! Tiens bien tes affaires, t’as pas envie d’aller chercher ton chapeau tout en bas! Avant d’aller jeter un coup d’œil au belvédère, n’hésite pas à te poser sur les gros cailloux qui jonchent le sol pour une petite collation. Ça fera une belle histoire à raconter à Noël! Ça y est, t’as bien repris des forces? C’est le moment de profiter de ta récompense : la vue depuis le sommet du Mont-du-Lac-des-Cygnes. C’est beau hein? On peut contempler la vallée de la rivière du Gouffre, le massif laurentien, et on voit même le Saint-Laurent!  

Et la géologie, tu me diras? Les nerds des roches ne seront pas en reste après leur passage au Mont-du-Lac-des-Cygnes! On en a déjà parlé : le Mont-du-Lac-des-Cygnes fait partie du Cratère de Charlevoix (ou plutôt l’astroblème). Il est situé sur sa bordure. C’est d’ailleurs du haut du Mont qu’on peut bien l’observer et imaginer la taille gigantesque que devait avoir la météorite pour laisser une trace pareille! En plus du cratère, le Mont-du-Lac-des-Cygnes, massif d’âge précambrien, regorge de traces laissées par la fonte du glacier, il y a 10 000 ans. Pour plus de détails, prends le temps de bien lire les panneaux d’interprétation le long des sentiers. C’est passionnant! 

Ah oui, j’oubliais! Une dernière anecdote pour la route! Pourquoi ça s’appelle le Mont-du-Lac-des-Cygnes? Tu n’en croiseras pas beaucoup sur le sentier, des cygnes… On pourrait penser que c’est à cause de la silhouette du lac. Pas si fou, car au sud, on trouve un lac dont le nom correspond à sa forme! Mais son nom ne viendrait ni de son contour, ni de cygnes qui s’y baignent. Un mystère donc à éclaircir plus tard! 

Bonne randonnée!


* Le pergélisol est une couche du sol qui est à une température inférieure ou égale à 0°C pendant au moins deux ans. Au Canada, près de 50% de la surface présente une sous-couche de pergélisol. 

** L’Inlandsis laurentidien est la calotte glacière qui recouvrait le Québec et le Canada jusqu’à la limite de la Colombie-Britannique durant l’âge Wisconsinien (il y a 80 000 à 10 000 ans). Il s’est retiré il y a environ 10 000 ans et a laissé derrière lui plusieurs étendues d’eau dont les Grands Lacs nord-américains et le fleuve Saint-Laurent.

*** Toutes les passionnées de nature, on pense à vous aussi! On voulait simplement alléger le texte à l’aide du masculin. #chumsdefilles

Par : Julie Faure, éducatrice-naturaliste spécialiste

Sources images : Claudine Lamothe, Tom Murray

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