SÉRIE SPÉCIALE DES AVANTAGES ÉVOLUTIFS 

Aujourd’hui on visite le monde merveilleux des plantes carnivores. Une des passions de notre grand chum, Charles Darwin! Une de ses grandes questions : comment une plante en est arrivée à manger des animaux? Lis ce qui suit! 

Les plantes carnivores, sont un groupe de plantes vasculaires (celles avec des vraies tiges et racines et des fleurs, donc pas des algues) très diversifié. Plus de 600 espèces à travers le monde! Ce qui est fascinant chez les plantes carnivores, c’est qu’environ six fois dans l’histoire de la vie sur Terre, la caractéristiques « carnivore » est apparue indépendamment. Six fois dans l’histoire, la magie de la sélection naturelle a forcé des végétaux à s’adapter et optimiser leur photosynthèse en profitant des animaux comme source de nutriments pour croître là où les autres végétaux ne pouvaient pas. 

Véritable beauté sauvage : la sarracénie pourpre
Gros plan sur son appendice de capture
Les captures 

Là, va pas penser qu’une gang de marguerites se font des steaks chaque samedi soir, nenon. En fait, ce sont surtout les feuilles et les enzymes digestives des plantes carnivores qui font la job. Un peu comme chez les animaux, ces plantes ont différentes stratégies pour attraper leur proies. BTW, leurs proies, ce ne sont pas des lapins… Ce sont plus des petits invertébrés, des acariens, des protozoaires*.  

Pour les attraper, les plantes carnivores ont un mode de capture passif ou actif. Avec leur nectar, elles attirent les insectes et une fois rendus, ils tombent dans le piège et c’est le cas de le dire! Certaines comme les sarracénies ont des feuilles transformées en tubes qui accumulent de l’eau. Une piscine fatale pour bien des insectes…

Les plantes qui ont une technique de capture un peu plus active attirent aussi leurs proies avec du nectar sucré et collant qui perle sur des petits poils qui couvrent leurs feuilles de capture. Quand la proie, disons une mouche, reste collée sur ces poils, les feuilles se referment telle une mâchoire d’un T-Rex sur un personnage random dans Jurassic Park

Dans les deux cas, ce sont des enzymes digestives – des produits chimiques produits par les tissus de la plante, un peu comme dans ton estomac – qui désintègrent la proie. Parce que même si les feuilles d’une dionée ont l’air de cette fameuse mâchoire de T-Rex, c’est quand même pas des vraies dents qui bordent ses feuilles! 

Les dionées qui dinent

Mais l’avantage dans tout ça? Ça semble beaucoup d’énergie dépensée pour une plante qui pourrait se nourrir simplement par la photosynthèse? 

Milieu pauvre, riche en stratégies 

Ah ben la question est bonne! En fait, les plantes carnivores poussent surtout dans des tourbières et d’autres milieux humides très pauvres en nutriments. Ces milieux-là contiennent vraiment pas beaucoup d’azote et de phosphore, deux éléments essentiels à la croissance des plantes. Comme les brocolis et les croûtes que ta mère te forçait à manger! Donc, quand les plantes carnivores digèrent un insecte, ça leur permet de compléter leur diète avec des nutriments, dont l’azote et le phosphore, qu’elles sont incapables de puiser dans leur environnement. Et ça, ça leur donne un avantage ééééénorme sur les autres végétaux!

La plupart des plantes sont incapables de survivre dans ces écosystèmes pauvres car elles manqueraient de nutriments essentiels pour compléter la job de la photosynthèse. Comme si tu mangeais juste des pâtes sans jamais manger de légumes… (Miam, mais non.) Il te manquerait un petit quelque chose. L’habitat limite donc la croissance de ces végétaux, mais pas celle des plantes carnivores! Un moyen efficace d’éviter la compétition.

L’avantage évolutif des plantes carnivores? Être capable de manger des steaks de mouches, là où il n’y a pas de smoothie vitaminé. 


* Un groupe d’organismes généralement unicellulaires qui font 1 millimètre de long…

Sources images : Aaron Carlson, Bjorn S.

DERNIERS ARTICLES

  • Le cycle des roches
    « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », suggérait Lavoisier. Et c’est aussi bon pour les roches! Bien qu’un caillou ait l’air relativement invariable, les roches*, elles, changent, elles […]
  • L’ABC des tornades
    En 1939, la maison de Dorothée est emportée par une tornade, jusqu’à Oz. Helen Hunt, en 1996 dans le classique Twister, s’attache à une conduite souterraine et survit […]
  • Le lapin du Québec
    Visualise 5 cm d’oreilles paraboliques capables de détecter les moindres sons et leur direction. On ajoute des pattes qui font le tiers de la longueur totale de son […]
  • Le cycle de l’eau
    On peut apercevoir de l’eau dans notre vie urbaine de tous les jours :  sous forme liquide, en ouvrant le robinet;  sous forme gazeuse, en observant la vapeur d’eau s’échapper de la bouilloire;   […]
  • Le harfang et le lemming : quand la grosse bête s’adapte à la petite
    Bien qu’il soit natif des terres polaires, il arrive qu’on retrouve le harfang des neiges, le beau hibou blanc, plus au sud du Canada. Il se rend même de […]