Le méchant bon deal de la dissémination

De la vie secrète des plantes, on sait qu’elles produisent des fleurs, qui deviennent des fruits*. Et, on sait que les fruits portent les précieuses graines qui contiennent l’embryon de la plante. Mais, que se passe-t-il avec le fruit, entre le moment où il arrive à maturité et la germination de la graine? C’est la dissémination ou la dispersion.

Comme les plantes ne sont pas mobiles, elles ont développé des stratégies full intelligentes pour disperser leur progéniture. Toutes les nouvelles pousses sont susceptibles d’entrer en compétition avec la plante mère (ou même avec les “plantes soeurs”…). Donc, en dispersant ses graines, la plante diminue la compétition entre les individus. En plus, elle augmente les chances de survie de sa progéniture. Ça favorise aussi le brassage génétique**, ça permet de coloniser des nouveaux milieux et possiblement de créer des nouvelles populations. Wow! Méchant bon deal.  

Akènes

 

Comment ça se passe?

Une plante peut utiliser le vent (andochorie) ou l’eau (hydrochorie) pour disperser ses graines. Penses aux fruits de pissenlit qui s’envolent (on appelle ça des akènes et les p’tits poils blancs leurs servent d’ailes) ou encore aux samares des érables a.k.a. les hélicoptères qui tourbillonnent dans le vent. Sinon les cours d’eau, le ruissellement de la neige qui fond ou encore les gouttes de pluie peuvent aussi faire l’affaire. C’est simple comme bonjour, mais comme ce sont des méthodes très aléatoires, les plantes doivent produire un tas de fruits, et de graines pour maximiser leur succès.

Un grand arbre, comme un chêne, pourrait aussi utiliser la gravité; le chênes produit des fruits (glands) lourds qui tombent une fois à maturité. (Mais entre toi et moi, c’est un peu tiré par les cheveux parce que tomber, c’est pas “se disperser”.)

 

Autrement, l’action des animaux peut être nécessitée. Ici, rien n’est laissé au hasard. Imagine une “toque”, ou un “velcro de la nature” (le vrai nom c’est bardane) qui s’accroche au pelage d’un cerf ou même sur ton chandail, un écureuil ou un tamia qui fait une réserve de noix dans le sol et qui l’oublie (oui, ça se peut), une fourmi qui transporte une graine recouverte d’huile nutritive, mange l’huile et abandonne la graine un peu plus loin. Encore mieux, imagine un petit oiseau qui mange des baies dans un arbre, vole sur 10 km, puis dépose ses baies (comme dans “faire un dépôt… de crotte”). Boom! Dissémination. En plus, quand la graine est rejetée par l’animal, elle est déjà dans de l’engrais naturel (la crotte) et elle a été ramollie par les sucs digestifs. Efficacité much.

Barbanes

Certaines plantes plus autonomes ont développé des fruits qui, une fois secs, explosent en garochant leurs graines dans toutes les directions. (J’te jure, regarde ce vidéo et tu en reviendras pas.) La dissémination à son plus créatif.

Plein de beaux exemples que les plantes sont incroyables, chose qu’on oublie trop souvent.

 

* Si tu le savais pas, c’est pas grave. On prend ça en note et on te revient avec un billet sur la transformation des fleurs en fruit dans pas long. En attendant, on te parle ici de fruits en général, et pas juste ceux qui se retrouvent dans une assiette brunch du travailleur…

** On reviendra sur le brassage génétique aussi, parce que c’est important.