Si je te dis « ours », combien tu en imagines? Maintenant, si je te dis « zèbre », combien t’en vois? Beaucoup, right. En écologie comportementale (la science qui étudie le comportement des organismes vivants), une des théories clés, c’est celle que certains animaux vivent complètement isolés les uns des autres et que d’autres espèces sont sociales. On appelle ça: la vie de groupe. Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un animal veut passer du temps avec son cousin ou sa cousine? Ce comportement social vient du fait que certaines espèces sont plus portées à construire des relations entre les individus et établir des systèmes complexes de communication, à travers les couplages, les comportements sexuels et les liens parentaux avec les jeunes.


Un troupeau de bisons


En veux-tu des avantages évolutifs? 

Le degrés de sociabilité entre les individus est directement lié aux stratégies de survie et de reproduction qui elles, dictent le succès d’une espèce. Pour un caribou, sa vie dépend du nombre de chums qui l’entourent. Pourquoi? D’abord, un grand groupe a l’air moins attirant pour un prédateur: c’est plus imposant qu’un individu isolé. On appelle ça l’effet visuel. Ensuite, c’est plus facile de passer inaperçu dans une foule ou de se faire des amis plus forts que nous, spécialement si on est vieux, malade, jeune ou handicapé (on appelle aussi ça l’effet de défense). Ajoute à ça que les chances de survie sont nettement plus élevées parce que les probabilités de se faire pogner par une meute de loups sont très basses. Ça c’est l’effet de dilution. En plus, les yeux sont nombreux à essayer de spotter le danger, donc niveau vigilance, on est couvert quand on se tient en gang. On pourrait aussi dire qu’un animal en solo passe plus de temps à scruter ses alentours pour repérer des prédateurs, il passe donc moins de temps à se nourrir et à se reproduire. C’est aussi fou que ça! 


Pour qu’un groupe fonctionne, le milieu dans lequel il se trouve doit avoir suffisamment de ressources pour soutenir tous les individus. En contrepartie, chercher de la nourriture en équipe c’est parfois plus efficace que tout seul. Exemple: les vautours. Si on bascule du côté des prédateurs (eux aussi ils peuvent avoir des gangs), on réalise qu’ils ont un net avantage à chasser en équipe. Pense aux loups et aux lions: ils peuvent luncher sur des proies plus grosses que s’ils étaient seuls et les probabilités d’un succès de chasse sont bien meilleures. 

Ce qui nous amène vers la coopération. Les fourmis se communiquent des informations sur les bons spots de nourriture. Les écureuils partagent des nids en hiver. Les dauphins adultes enseignent aux veaux comment chasser, communiquer et sauter. Les bernaches se suivent vers les meilleures sites de nidification. Et on en passe.


Une flamboyance de flamants


Le downfall des groupes

La vie n’est pas toujours rose quand on est collés les uns sur les autres 100% du temps. La nourriture peut venir à manquer si on est trop nombreux. À ce moment-là, la compétition entre les individus devient plus grande et même chose pour la recherche de partenaires de reproduction. Pis imagine s’il y a des débalancements dans les ratios mâles/femelles… ouf! Ça peut facilement devenir le chaos (ou on peut voir apparaitre des comportements inédits). Et c’est sans compter les critères d’hygiène qu’on laisse à la porte de tous les grands troupeaux. C’est le cas des colonies de chauve-souris et du syndrome du museau blanc : leur proximité favorise GRANDEMENT la propagation du pathogène et hop! tout le monde est malade.


Les fous de Bassan


Que ce soit un troupeau de bisons ou une colonie de fous de Bassan, un banc de poissons, une nuée de papillons ou bien une harde de cerfs de Virginie, aucun de ces individus n’a le goût de déserter sa gang, parce que les avantages évolutifs de se tenir les coudes serrés pour eux sont si grands, qu’ils ferment les yeux sur les 3-4 inconvénients qui existent. 




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