Maximum de 31 degrés Celsius en après-midi, avec un humidex de 45 et des risques d’orages, chaleur accablante… On n’a pas fini de l’entendre celle-là. Lorsqu’on enregistre des températures de 30 degrés ou au-delà de ça, pour trois jours consécutifs, on dit qu’on vit une canicule. C’est du moins notre standard canadien*. Pour déterminer ce phénomène météorologique, on doit aussi prendre en considération les températures nocturnes. Par exemple, on parle aussi de canicule s’il fait au-dessus de 20 °C la nuit pour plusieurs jours consécutifs (en milieu urbain, on parle plutôt de 18 °C, voire 16 °C). 

Lorsqu’on parle de « chaleur accablante » (Environnement Canada dit souvent ça), c’est qu’on inclut dans le calcul l’humidité contenu dans l’air (le fameux indice humidex) qui joue aussi un rôle dans l’augmentation de la température réelle et celle ressentie.  



Pourquoi ça nous arrive? 

Les canicules sont déclenchée par une invasion d’air très chaud dans une région (comme une masse de vent qui vient du sud) ou encore c’est simplement un intense réchauffement de l’air qui, dans les deux cas, provoque une baisse importante de différence thermique entre le jour et la nuit. En gros, le résultat c’est qu’il fait chaud sans cesse et qu’on a aucun répit. C’est parce que la chaleur s’accumule tellement vite près de la surface terrestre et qu’elle ne peut plus s’évacuer de manière efficace. On reste donc pris dans un motton de chaleur jusqu’à ce que Miss météo nous libère. 

On aurait tendance à associer les canicules avec le réchauffement climatique extrême que nous vivons présentement. Mais selon les recherches, elles ne sont pas attribuées uniquement à ça. Plusieurs facteurs environnementaux et météorologiques entrent aussi en ligne de compte. Mais entre nous, on ne peut pas trop être surpris de ressentir des chaleurs extrêmes sur une planète qui se réchauffe à la vitesse grand V…



Et qu’est-ce que ça change?

Certains s’en passeraient, d’autres ne vivent que pour sentir le Soleil chauffer (brûler) leur peau, mais pour une partie de la population (celle qu’on dit « à risque »), les canicules, c’est un big deal. C’est fait connu que lors de périodes de chaleur intense, on observe plus de coups de chaleur, de troubles cardiovasculaires et respiratoires, et même plus de décès. En ville, les effets de la chaleurs sont accentués par les îlots de chaleur** et les impacts sont encore plus grands sur la santé humaine. Mais on n’est définitivement pas les seuls à en souffrir. D’abord les animaux aussi ont chaud, suent leur vie (ou pas) et si c’est too much, les impacts pour leur survie sont importants. Les plantes aussi peuvent subir des stress thermiques qui peuvent affecter leur croissance ou encore, les tuer. 

Les canicules peuvent favoriser les feux de forêt, l’assèchement des milieux humides ou la dessiccation du sol, qui peuvent entraîner une forte érosion. La prolifération de certains types de microbes pathogènes ou d’algues est accentuée par la chaleur extrême et peuvent affecter les milieux aquatiques et faire mourir les organismes qui y vivent en temps de canicule.  

Et par dessus le marché, les températures élevées des canicules augmentent le taux de particules en suspension dans l’air, favorisant ainsi la pollution aérienne et du même coup, les chances de smog. 



Nos canicules Made in Quebec

Entre le 29 juin et le 5 juillet 2018, le Québec a été frappé par une des pires canicules de son histoire. Sept jour de pure chaleur, comme si on était direct sur le Soleil, plusieurs décès, des milliers de Québécois suants rouges comme des homards : à Montréal, la moyenne des températures maximale durant cette période flamboyante était de 33,7 °C. Outch. 

Le mois de juin 2020 nous a aussi offert de belles canicules consécutives, en prévision d’un été qui s’annoncait (et qui est) lui aussi, pas mal brûlant. Juillet n’a pas non plus donné sa place : 12 jours à plus de 30 °C dans la région de Montréal. C’est sans dire que dans le sud de la province, plus de 50 records de température ont été fracassé pendant le mois de juin dernier.*** Et c’est pas fini… Crois-nous, on n’est pas prêt d’arrêter de parler des canicules, on ne fait que commencer. 

Si tu comptes profiter de la canicule à 100%, oublies pas ta crème soleil et ton éventail, ça va chauffer! 



* La définition d’une canicule est relative au climat de la région étudiée. En effet, une canicule ici ne sera pas la même qu’une canicule au Mali, en plein coeur du Sahara, par exemple.

** À cause de leur présence et des effets des îlots de chaleur, les canicules sont plus fréquentes dans les grands centres urbains. Les joies de la ville, comme on dit… 

*** Depuis le début de l’année 2020, les records de températures sont nombreux. Le Québec est passé d’un extrême à l’autre, et ce, dans toutes les régions. On parle ici de records de froid (oui, oui), mais plusieurs records de chaleur, quotidiens et mensuels. 




Sources images : Piqsel, Yves Bernardi, Michael

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