Le mouvement (dans ses fonctions biologiques) est le fait de bouger une partie de son corps. Dans sa définition la plus simple, le mouvement chez les animaux, c’est lorsque les muscles du corps se contractent, commandés par le système nerveux. Cette contraction permet le mouvement de certaines parties du corps. Les oreilles d’un lapin à queue blanche qui s’agitent, les paupières d’un caribou qui se ferment, la poussée d’un requin dans l’estuaire du Saint-Laurent. Toutefois, ces mouvements ne correspondent pas tous à la définition de locomotion. Quand on parle de locomotion, on induit que l’organisme vivant se déplace dans son environnement, de manière plus global. Voyons ça de plus près. 


D’abord, la plupart des animaux sont équipés pour se déplacer d’un point à un autre. Ces adaptations physiques, qui rendent possible les déplacements, sont variées et complexes puisque la locomotion est vitale (et on sait que c’est important de survivre…) : recherche de nourriture et de partenaires, exploration de territoires, changement de milieu lorsque celui-ci est défavorable, etc.

Il existe des types de locomotion actives, qui sont dictées par le corps, mais aussi des types passifs, où les aléas du terrain contrôlent le mouvement. Mais dans tous les cas, la locomotion est intimement liée au milieu. Voici pourquoi.


Dans l’eau

C’est dans l’eau que les premiers êtres vivants sont apparus et ont commencé à se déplacer pour trouver des ressources. La stratégie la plus ancienne (probablement) serait celle des cils et des flagelles. Chez les minuscules organismes unicellulaires, le corps peut être couvert de cils qui oscillent et leur permettent d’avancer dans l’eau. Les flagelles ressemblent aux cils, mais ils sont généralement plus longs et regroupés à un même endroit sur le corps. 

Des beaux cils autour de ce Colpoda inflata
Comment ne pas remarquer les flagelles de Naegleria fowleri


Évidemment, les nageoires ont vite fait leur apparition pour faciliter les déplacements dans l’eau. Les variantes des nageoires sont nombreuses en fonction de leur position sur le corps, leur forme et leur composition. Ce sont les ondulations du corps ou le battement de la nageoire qui permet le déplacement dans l’eau. 

Les poissons ont des nageoires (bien entendu), mais ils ne sont pas les seuls. Les phoques, les morses, les dugongs et les cétacés, comme les bélugas, en ont eux aussi, tout comme les tortues marines (qui ont des palettes natatoires) et les calmars*. Des organes spécialisés rendent aussi possible les déplacements sous l’eau, comme les siphons (le tube sous la tête de la pieuvre sur cette photo) et les tentacules des céphalopodes qui leur permettent de se propulser dans l’eau. La coquille des moules s’ouvre et se ferme à l’aide d’une membrane élastique (créant l’effet d’un ressort) pour nager. D’autres, comme les méduses qui se laissent flotter et le plancton en suspension dans l’eau, font de la locomotion passive aquatique.

Dugong love (´∩。• ᵕ •。∩`) 
Shoutout à la nageoire dorsale de la perchaude qui est pas mal spiky!


Sur terre

Contrairement à la locomotion aquatique, les adaptations permettant le déplacement sur terre doivent prendre en compte la pesanteur, l’équilibre et la solidité du squelette (interne ou externe). Très important**. D’abord, les membres locomoteurs pour la marche, la course et le saut sont extrêmement variés et dépendent souvent de l’accès à la nourriture et des contraintes environnementales. Les pattes des fourmis, des éléphants et des crocodiles sont faites pour la marche, mais sont bien différentes selon leurs adaptations respectives. Même scénario pour les sauterelles, les lièvres et les kangourous qui sont adaptés pour le saut, tandis que les guépards, les chevaux et les autruches, le sont pour la course. 

Voici des pattes pour courrir!
Des petites pattes pour sauter…
… et des grosses pattes pour marcher.


Chez les animaux terrestres, on retrouve aussi le mouvement de reptation : une création d’ondulations (ou de vagues) dans le corps ou une partie du corps qui permet à l’individu de se déplacer dans l’espace. C’est un beau mot pour dire « ramper ». Les vers et les escargots en sont de bons exemples. Les serpents*** et la famille des Phocidés (les phoques et les éléphants de mer) utilisent aussi des formes de reptation pour se déplacer sur le sol. 

Certains animaux comme le pangolin et l’araignée roue (Carparachne aureoflava) utilisent la pente du terrain pour se déplacer en roulant : comme ils utilisent la gravité, on considère que c’est une locomotion passive. 


Dans les airs

Le vol est la plus récente stratégie de locomotion chez les animaux. Par récente, on veut dire que les premiers organismes volants seraient apparus il y a 350 millions d’années. Très récent. Le vol a permis à des espèces de parcourir rapidement des distances impressionnantes et de coloniser des nouveaux milieux. C’est d’ailleurs le cas pour les insectes qui sont ainsi devenus le groupe des vivants le mieux représenté sur la planète. 


Chez les vertébrés, on distingue deux types de vol principaux : le vol plané (passif) où l’animal utilise les courants d’air pour se maintenir en vol, comme le fait le polatouche (ou l’écureuil volant), et le vol battu avec le mouvement des ailes, comme le font les chauves-souris

Les oiseaux sont les fiers représentants des vertébrés ailés. La forme de leurs ailes, leurs plumes et le fait qu’ils ont des os creux (donc plus légers que les nôtres, par exemple, qui sont pleins) leur permettent de voler. Des acrobaties et des records, les oiseaux en sont capables. L’animal le plus rapide de la planète est le faucon pèlerin qui, en piqué, peut atteindre l’impressionnante vitesse de 320 km/h. 

Le faucon pèlerin, le grand champion du vol


Les autres

Il existe bien d’autres exemples de locomotion, par exemple, les parasites qui s’attachent à un hôte pour se déplacer.

Et il y a les animaux qui sont sessiles, soit ceux qui sont attachés au substrat. Les éponges de mers, les coraux et beaucoup de bivalves se trouvant dans la zone du médiolittoral, sont des bon exemples. Malgré leur immobilité générale, ces animaux peuvent souvent se déplacer quand même. Les éponges de mer, par exemple, on un stade de vie mobile avant de s’attacher définitivement au fond de l’eau. Et c’est aussi une question d’échelle à laquelle on observe un organisme : à l’échelle de l’écosystème côtier une moule est immobile une fois fixée à son support; à l’échelle du rocher, la moule est capable de se déplacer. 


Les mouvements chez les animaux sont bien complexes. Nous avons couvert ici qu’une infime partie du sujet et principalement l’aspect physique. Les raisons, les déclencheurs et les exceptions sont tous aussi fascinants. Et quand est-ils des plantes?**** Elles aussi sont adaptées pour la locomotion, plutôt passive, c’est vrai, mais de la locomotion tout de même. Les modes de dissémination des graines, le déplacement du pollen par le vent ou des spores des fougères dans l’eau, c’est de la locomotion! Enfin, les déplacements, il y en a partout et tout le temps dans notre belle nature. Ça bouge en titi. 



* Les calmars possèdent de chaque côté de leur tête deux ailettes qui aident à leur déplacement dans l’eau. 

** Sur la terre ferme, une baleine, ne pourrait JAMAIS supporter le poids de son corps avec ses nageoires. On observe que dans l’eau, la résistance à la friction de l’eau et la flottabilité priment dans la sélection naturelle

*** Chez les serpents, ce n’est pas un mouvement de reptation à proprement parler. C’est plutôt le frottement de leur écailles sur le sol qui permet à leurs muscles de les projeter vers l’avant. 

**** Les plantes sont aussi connues pour se mouvoir selon leur environnement. On appelle tropisme le phénomène de réaction de croissance d’un végétal à un facteur positif ou négatif du milieu. Par exemple, une plante qui manque de lumière pourrait changer son axe de croissance pour en avoir davantage.




Sources images : Eugen Lehle, USCDC, US Fish & Wildlife Service, Robert Colletta, Pixnio, Charles J Sharp, Roy Buri, Ron Knight

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