On a une histoire à te conter, une histoire qui commence autour de l’an 1700. À cette époque-là, le plus grand mammifère terrestre de l’Amérique du Nord erre dans les plaines, sans restriction, sans crainte, avec comme seuls ennemis les grizzlys affamés et les meutes de loups bien organisées. C’était à ce moment que, le vent dans la crinière, le bison régnait en maître sur le territoire historique de l’ALSAMA jusqu’au Mexique.

Et quand on dit « régner en maître », on niaise pas. On parle de 30 millions d’individus qui parcouraient le territoire. C’est beaucoup de bisons ça (c’est un peu moins que la population humaine actuelle du Canada). Mais, le temps passe et quelques 200 ans plus tard, on compte 300 bisons en Amérique du Nord. Mais où sont-ils donc tous allés? 



Au 18e siècle, ils sont une partie importante du mode de vie des Premières Nations de l’Ouest. C’était une ressource inestimable: les cornes pour faire des ustensiles et des outils, la peau pour faire des vêtements, les sabots pour faire de la colle, la crotte comme combustible et la viande pour manger. On chassait donc le bison. Ce n’est pas encore problématique.

L’arrivée des armes à feu et des chevaux en Amérique va changer le visage de la chasse aux bisons. Ils sont alors chassés à outrance pour leur fourrure et par les amateurs de sensations fortes. On parle maintenant de surchasse. On développe des nouvelles techniques de tannage qui font de la peau de bison une business ultra lucrative. On le chasse, encore plus.

La chasse au bison devient une mode. Les troupeaux s’amenuisent à vitesse grand V. Pour couronner l’affaire, les conflits politiques entre les Premières Nations et les gouvernements (plus spécialement aux États-Unis) poussent les forces militaires à abattre ces animaux pour priver leurs opposants de cette précieuse ressource. Au Canada de l’époque, plutôt qu’une planification concertée pour éliminer le bison comme aux USA, on va profiter de la situation pour négocier avec les tribus en leur forçant la main.

À ça, on peut ajouter une grande sécheresse à la fin des années 1800 qui aurait réduit considérablement la quantité de ressources disponibles. Résultat: au début du 20e siècle, le bison est au bord de l’extinction. Voici, un bel exemple de surexploitation.



Ce n’est qu’à ce moment, alerté par le nombre horriblement bas de bisons, que le gouvernement met en place une loi pour restreindre la chasse. Ce sont alors les éleveurs privés qui vont mettre la main sur des individus sauvages. C’est grâce à leurs efforts de conservation inattendus, puis à l’achat de troupeaux par les gouvernements pour fonder quelques hardes protégées dans les zoos puis dans les parcs nationaux que la population américaine de bisons a pu se rétablir rapidement et serait estimée actuellement à environ 300 000*. 300 000, c’est beaucoup, mais si on compare à il y a 300 ans, c’est très peu. Les difficultés restent nombreuses pour ces gros lourdeaux: les maladies, la diminution de la qualité de leur habitat naturel et la pression de prédation sur les plus petits troupeaux. Les efforts sont réels pour les aider et on réintroduit peu à peu des animaux dans les réserves et les parcs. D’ailleurs, tu peux suivre les aventures des nouveaux bisons de Banff, juste ici, sur le blogue de l’équipe de recherche.



* La majorité sont des bisons d’élevage. On parle d’environ 30 000 individus sauvages. 




Sources images : Pixabay, Pixabay

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