Un fossile, c’est quoi? Tu penses peut-être à un squelette de diplodocus au milieu du désert au Colorado, à une fourmi dans l’ambre ou encore à ton vieux voisin qui aime regarder passer les machines dans la rue. Un fossile, c’est une trace qui a été laissée dans la roche par un organisme vivant. On les utilise comme preuve d’une vie antérieure à l’histoire humaine*. Ces trésors sculptés dans le roc sont les seuls témoins de l’histoire de la vie sur Terre.  

Un fossile de brachiopode, soit l’ancêtre de nos bivalves actuels

 

 

 

Quand on parle de fossiles, bien entendu on parle d’os conservés dans le sol, mais aussi de coquilles, de griffes, de dents, d’excréments, de galeries, d’empreintes de pas, de morceaux de bois, de plantes, même de grains de pollen. Il y a deux grandes catégories de fossiles : les marques laissées par les restes d’organismes vivants et les traces laissées par leur activité. L’impression de la carapace d’un trilobite, c’est un fossile. La forme dans la roche d’un tunnel de ver aquatique préhistorique, c’est aussi un fossile.  

 

 

 

La parfaite circonstance 
Une gang de fossiles de trilobites

La recette est assez simple pour faire un fossile. Ça prend un organisme vivant mort qui peut se fossiliser, des particules de roches, de l’eau et du temps.  

D’abord, tous les organismes vivants ne peuvent pas devenir des fossiles. La plupart se décomposent complètement après leur mort et ne laisse donc aucune trace (merci aux décomposeurs et à l’air de faire ce travail essentiel). La fossilisation, c’est donc un événement qui est assez rare, géologiquement parlant. La grande majorité des fossiles qui sont retrouvés aujourd’hui proviennent d’organismes aquatiques**. Pourquoi? C’est directement dans l’eau qu’on retrouvait (et retrouve) les meilleures conditions pour que la fossilisation ait lieu.  

 

 

 

La fossilisation de A à Z 

Lorsque l’organisme meurt dans l’eau, il se dépose au fond. Les parties molles se décomposent rapidement ou sont consommées par des charognards. Il reste alors les éléments solides du corps, comme les carapaces, les dents ou les os. Avec le mouvement de l’eau, des particules de roche (ou du sable ou de la boue, appelle-les comme tu veux) recouvrent la dépouille. Une fois enterrée, la décomposition des éléments restants se fait au ralenti parce qu’il y a moins d’oxygène. Ce ralentissement ouvre la porte au processus de fossilisation. Par-dessus le corps, plusieurs couches de sédiments se forment. Avec le temps et la pression, cela crée de la roche sédimentaire.  

C’est pendant la sédimentation, que la magie (ou la chimie…) se produit! L’eau s’infiltre dans les restants des organismes morts amenant avec elle divers minéraux. À partir d’ici, il y a plusieurs scénarios possibles :  

  • Au contact de l’eau, les minéraux présents dans les restants organiques se cristallisent, ce qui forme un fossile. Boom!  
  • Les éléments organiques sont dissouts par l’eau, laissant une trace (un vide) dans la roche. D’autres minéraux peuvent alors remplir le vide. Ça forme un fossile. Boom! (C’est le même principe qu’un moule.) 

Une fois la minéralisation des éléments organiques complétées (un processus qui prend des millions d’années, btw…), le fossile attend patiemment de voir la lumière du soleil! Comme les roches bougent, il y a des chances qu’un fragment de roche sédimentaire contenant un fossile remonte à la surface et soit découvert et étudié! 

Un super fossile d’ammonite, l’ancêtre du nautile

 

 

 

Rares, mais pas impossibles à trouver 

On te propose de devenir paléontologue d’un jour et de sortir te dégourdir pour trouver des fossiles. Bien qu’ils soient géologiquement rares, il est possible de les trouver, même en plein cœur de Montréal. Rends-toi au Ruisseau de Montigny, ou un peu partout sur les rives de la rivières des Prairies ou encore du fleuve. Penche toi et observe les gros blocs de roches. Les chances sont élevées que tu y observes des coquilles de brachiopodes ou des anneaux formant les tiges des crinoïdes. Si tu es chanceux, tu peux même voir des vestiges de poissons ou de trilobites!  

Et ce n’est pas qu’à Montréal! Partout dans les basses terres du Saint-Laurent, avec un peu de patience et un bon dos (parce oui, tu vas être penché pendant un bout), tu peux trouver de véritables trésors préhistoriques. Merci à la mer de Champlain qui couvrait la région et qui nous a laissé plein de souvenirs fossilisés!  

 

 

 

 


* Les plus vieux fossiles jamais découverts à ce jour serait des stromatolites, qui sont des colonies de bactéries. Ils ont été découverts en Australie. C’est ici, au Canada, que le plus vieux fossile d’animal aurait été découvert, celui d’une éponge.  

** Pour ce qui est des fossiles d’organismes terrestres qu’on a retrouvés, la plupart proviennent d’individus qui vivaient près de l’eau. D’ailleurs, il existe très peu d’information sur des dinosaures qui auraient vécu dans des écosystèmes de jungle. La raison est simple : ces milieux ne sont pas propices à la fossilisation. 

 

 

 

Par : Anne-Frédérique, éducatrice-naturaliste senior et graphiste

Sources images : James St. John, Pixabay, Becks

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