On t’a déjà parlé de plantes envahissantes et de leurs effets sur la biodiversité et sur la santé des écosystèmes. On te présente une autre plante maléfique venue d’ailleurs qui fait des ravages dans nos écosystèmes et sur ta belle peau douce : la berce du Caucase. 



Cette plante herbacée peut mesurer jusqu’à 5 m de haut! C’est pas petit ça. Elle porte de petites fleurs blanches qui forment une ombelle (comme un parapluie inversé) d’environ 25 à 50 cm de diamètre. Sa tige est robuste avec des taches longues allant du rouge au mauve. On trouve aussi quelques poils blancs et rudes ici et là sur sa tige. L’envers des feuilles, qui peuvent atteindre 1,5 m de largeur, est écailleux. Est-ce que tous ces détails sont importants? Absolument! Cette plante exotique envahissante ressemble énormément à la berce laineuse, une espèce indigène. La berce laineuse, en comparaison, ne mesure pas plus que 3 m de hauteur et ses ombelles de fleurs font environ 15 cm de diamètre. Sa tige et l’envers de ses feuilles sont entièrement couverts de poils blancs et souples.



Pourquoi faut-il s’en méfier ?

D’abord utilisée dans les jardins pour son élégance, elle a été identifiée au Québec pour la première fois en 1990. Sa taille et sa robustesse en faisait une espèce de choix à mettre dans sa plate-bande. Ça nous rappelle l’histoire du nerprun et de la renouée japonaise, non? Une fois sortie des jardins, la berce a rapidement colonisé les milieux naturels, ouverts ou perturbés. Comme elle produit beaucoup de graines, plus de 20 000 par plant, elle compétitionne férocement avec la flore indigène. Ses graines peuvent survivre 5 ans dans le sol et elle peut se reproduire de manière végétative à partir de sa racine. Elle est donc très efficace et très résiliante. En plus, les plantes matures se développent tôt au printemps et créent de l’ombre (avec leurs gigantesques feuilles) atténuant alors les conditions de croissance des autres herbacés indigènes. Booouuuuuh!!

Et c’est pas fini, en plus d’être un envahisseur notable, la sève de la berce du Caucase contient une toxine qui crée des réactions cutanées. D’abord, la sève est incolore et inodore, au premier contact de la peau, on ne ressent pas de douleur. Mais surprise! C’est 48h plus tard que la toxine forme des dermatites : des lésions qui ressemblent à des brûlures avec des grosses cloches d’eau. Comme un énorme coup de soleil. Chaud devant! Après la guérisons des plaies, des taches brunes persistent pendant plusieurs mois, voire des années. Les zones touchées par la toxine deviennent ultra sensibles à la lumière du soleil. 



La solution pour éliminer ou mieux contrôler cette espèce, c’est de savoir détecter les colonies, d’où l’importance de savoir différencier la berce du Caucase des plantes indigènes! Une fois qu’on a localisé les plantes, plusieurs méthodes d’arrachage* sont utilisées. C’est avec beaucoup de précautions, et sans sacrifier sa peau, qu’il faut se débarrasser des plantes coupées, les faire sécher dans des sacs et sectionner les racines avec une pelle pour éviter la reproduction asexuée. Et on recommence tous les ans. C’est un travail de longue haleine, mais si c’est pour sauver sa peau et favoriser la biodiversité, c’est rien du tout!



* Il existe aussi des pesticides et d’autres méthodes chimiques d’élimination de la berce du Caucase, mais elles ne sont employées qu’en dernier recours. 




Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution de la Fondation de la Faune du Québec et au soutien financier d’Hydro-Québec.

Sources images : Thilo Becker, Pixabay, Pixabay

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