« Est-ce possible d’aider les animaux en voie de disparition, avec des fertilisation in vitro, et de les réintroduire dans la nature sans déséquilibrer l’écosystème? » 

Bonne question. Mais d’abord, la FIV, c’est quoi? La fécondation in vitro est une procédure médicale où un ovule est fécondé par un spermatozoïde, à l’extérieur de l’utérus de la femme. Les embryons sont ensuite ré-installés dans l’utérus et fingers-crossed, le reste de la grossesse aura lieu naturellement et on aura un poupon en santé! On estime qu’il y aurait 8 millions de bébés-éprouvettes sur la Terre, c’est pas rien. C’est une méthode de fertilisation artificielle parmi tant d’autres (il existe aussi l’insémination artificielle, le transfert d’embryons et la cryoconservation de gamètes où on congèle les oeufs). Alors, si ça fonctionne pour nous, pourquoi ne pourrions nous pas utiliser ces méthodes pour favoriser les animaux dont le nombre d’individus est sous le seuil viable pour maintenir l’espèce?  


Les orang-outans de Sumatra, comme celui-ci, sont une espèce en voie de disparition. 


En fait, on le fait déjà, mais c’est assez nouveau. Dans les méga-élevages, on utilise des procédés in vitro*, pour s’assurer d’avoir des individus robustes; on utilise que les meilleures embryons fertilisés et les meilleures vaches pour les porter. On fait de la sélection artificielle pour avoir un bel élevage tout beau. 

Dans plusieurs zoos, des techniques de FIV sont aussi utilisées pour maintenir des populations de chimpanzés, de gorilles et d’orang-outans. 

À Yellowstone (là où il y a des geysers), on a efficacement utilisé cette technologie avec les bisons pour augmenter le nombre d’individus dans les hordes. Un beau succès de conservation en milieu naturel ça! 

On a aussi congelé le sperme du dernier mâle rhinocéros blanc du Nord** en vue d’une future procédure de FIV avec les deux dernières femelles. Comme le nombre d’individus est médiocre, le nombre de mères bénéficiaires du transfert d’embryon est un facteur limitant pour un programme de sélection. On prévoit peut-être utiliser des femelles d’une autre sous-espèces de rhino. 

Le transfert embryonnaire interspécifique, quant à lui, est possiblement une technique viable pour la conservation des espèces menacées, si on choisit une espèce de substitution appropriée, avec une similarité entre la taille et le mode de gestation.


Donc, on utilise ces méthodes, mais les connaissances au sujet de la biologie reproductive des animaux sont encore assez limitées, spécialement quand on sort de la classe des mammifères. Ce qu’on sait de ces derniers, c’est que chacune des espèces étudiées (principalement des espèces domestiques ou en captivité) présente des caractéristiques uniques et que les méthodes de reproduction assistée doivent être adaptées à chacune. Des limitations physiques (comme des animaux trop petits pour subir des procédures) freinent aussi des avancées dans ce secteur. Il faut aussi considérer qu’en milieu naturel, seuls les mâles les plus méritants se reproduisent et les femelles font des choix pour favoriser leurs descendants (c’est le succès reproducteur et la sélection sexuelle). 

Dans le cas hypothétique de FIV chez les caribous, seul le sperme des mâles dominants devrait être récolté, ce qui compliquerait le processus. La reproduction assistée doit donc suivre cette sélection (naturelle) si on veut préserver l’intégrité des populations et ultimement des écosystèmes. 


Et finalement, il faut garder en tête que, comme pour les humains, les méthodes de fertilisation artificielle et de reproduction assistée reste un sujet de discorde au niveau éthique. 



* Le FIV, c’est pas tout. Une vingtaine de femelles éléphants ont été inséminées artificiellement et ont donné naissance à des bébés en santé. 

** À ce jour, Sudan, ce mâle en question, est mort. On se croise les doigts pour que les spécialistes trouvent un moyen d’utiliser les méthodes in vitro pour préserver sa sous-espèce. 




Source image : Mike Pennington

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