Histoire savoureuse : un voyage qui ne se termine pas en queue de poisson

Quel plaisir de finalement sentir à nouveau les chauds rayons du soleil. Avec le retour du beau temps, arrive une invitée de marque au pied du barrage de la centrale hydro-électrique près du parc-nature de l’île-de-la-Visitation. Notre vedette du mois de juin, l’alose savoureuse, un gros poisson argenté qui adore les petits crustacés, a la rivière des Prairies littéralement tatouée sur le cœur. Elle part de l’océan Atlantique au large de la Nouvelle-Écosse et franchit plus de 1000 km pour venir se reproduire dans la grande région de Montréal, un lieu bien important pour la survie de l’espèce. Ces mordues des longues distances, qui vivent en eau salée et fraient en eau douce, sont appelées des espèces anadromes. La femelle libérera entre 20 000 et 600 000 œufs dans le courant, contrairement à d’autres poissons comme l’achigan qui, lui, prend le temps de faire un nid. Une fois fécondés par le mâle, les petits alosons… oui oui, c’est le vrai nom… naîtront une dizaine de jours après et passeront quelques mois en eau douce avant de retourner dans l’océan jusqu’à leur âge adulte, soit 4 ans. Ils reviendront ensuite de nouveau où ils sont nés et l’histoire recommencera. Impressionnant non?

 

Zone où se trouve l’alose, tiré d’un document d’Hydro-Québec, Centrale de la Rivière-des-Prairies suivi de la dévalaison de l’alose savoureuse et évaluation d’un système de guidage 2018

 

L’alose est une espèce désignée vulnérable car on lui connaît très peu de sites de fraie. L’un des plus gros sites de reproduction connu est localisé près du barrage de Carillon dans le lac des Deux-Montagnes. Lors de sa descente, une large proportion des aloses emprunte le corridor de la rivière des Prairies et doit franchir le barrage. Soucieux de la survie de l’espèce, Hydro-Québec a mis en place des mesures plutôt inusitées afin que les aloses puissent éviter le passage dans les turbines lors de leur voyage de retour. Pour ce faire, l’entreprise utilise une barrière à ultrason combinée à une gestion de l’évacuateur de crue, de façon à permettre de diriger les aloses savoureuses loin des turbines vers ce dernier.

 

Pêcheurs d’alose dans la rivière des Prairies

 

Mon grand-père disait : « tu sais quand l’alose est arrivée : lorsque les pissenlits ou les lilas sont en fleur ». Si tu es davantage d’un naturel scientifique, retient que c’est lorsque l’eau atteint autour de 12 degrés ce qui correspond à la fin mai ou le début juin. À ce moment-là, autant du côté de Montréal que de Laval, on peut voir des centaines de pêcheurs attroupés espérant attraper ce fameux poisson à chair blanche. Autre fait intéressant, avant la présence du barrage de la Rivière-des-Prairies dans les années 1930, un des lieux de prédilection pour pêcher ce poisson était au bout de l’île Perry.

 

Des belles aloses

 

Si comme plusieurs, tu penses que les poissons de la rivière des Prairies ne sont pas propres à la consommation sois sans crainte! Le gouvernement du Québec les suit et tu peux même te rassurer en allant consulter le guide de consommation du poisson. L’alose savoureuse fait partie des 65 espèces de poissons présentent dans la rivière des Prairies… Combien es-tu capable d’en pêcher? N’oublie pas, ça te prend un permis. 

On se voit sur le bord de la rivière?

 

On se tient au courant

Sources images : Hydro-Québec, Centrale de la Rivière-des-Prairies suivi de la dévalaison de l’alose savoureuse et évaluation d’un système de guidage 2018, Pixabay

Source vidéo : Pêche à l’alose