Être endémique, c’est quoi?

La nature cache parfois des bijoux uniques en leur genre dans des endroits inattendus, impraticables, isolés ou juste inconnus. Une espèce qu’on retrouve dans un seul endroit sur la planète entière, on peut appeler ça un trésor, parce que la rareté, c’est précieux. Et on peut aussi appeler ça, une espèce endémique. 

L’arbre du voyageur, très malgache

Une espèce endémique c’est donc une espèce, animale, végétale ou autre (comme un champignon, par exemple), qui est présente sur un seul territoire limité et qu’on trouve nul part ailleurs. Le koala est endémique d’Australie, l’arbre du voyageur est endémique de Madagascar*, le cyprès du Tassili est endémique du massif montagneux au centre du Sahara. Au contraire des espèces cosmopolites, dont les aires de répartition sont très vastes, on retrouve les espèces endémiques sur des territoires restreints et uniques. 

Pour éviter les confusions, on veut juste te mentionner la nuance avec une espèce indigène. Une espèce indigène est présente naturellement sur un territoire. Par exemple, le sapin baumier est originaire du Nord-Est du Canada. Il est donc indigène au Québec, mais il n’est pas endémique d’ici puisqu’on en retrouve ailleurs au Canada et aux État-Unis. 


L’endémisme peut être causé par plusieurs choses, mais les facteurs géographiques sont les plus courants et entrainent souvent un véritable isolement. Les îles (le plus souvent éloignées des côtes continentales), les grandes étendues d’eau (comme des grands lacs), les rivières, les fleuves, les complexes montagneux, les vallées et les autres formations géologiques (canyons, grottes, etc.) sont tous des exemples de séparations naturelles susceptibles d’abriter des espèces endémiques. Ces éléments du paysage freinent la dispersion de ces espèces, c’est ce qui leur donne leur caractère unique. D’ailleurs, si on retrouve beaucoup d’espèces endémiques dans un milieu, on peut généralement conclure qu’il est fortement isolé. 

Aux facteurs géographiques s’ajoutent les facteurs climatiques, biologiques et génétiques qui peuvent aussi créer des freins dans la dispersion des espèces et restreindre leur aire de répartition. 


Une délicate arnica de Griscom

Être unique en son genre, c’est merveilleux et précieux. Mais ça ne vient pas sans problématique… Toutes ces espèces endémiques, parce qu’elles sont tellement limitées, elles sont donc facilement mises en danger. Si leur milieu subit une perturbation naturelle, comme un incendie, ou une modification subite, les chances de survie de l’espèce, sa résilience, sont assez minces. L’arrivée ou l’introduction d’une espèces dans les zones isolées peut aussi créer des débalancements desquelles les espèces endémiques peuvent ne pas se remettre. Cette vulnérabilité rend l’endémisme encore plus délicat! 


Au Québec, nous avons aussi de ces trésors uniques. Certains milieux sont propices aux développements d’espèces endémiques, comme les Appalaches et les Chic-Choc, où on retrouve une dizaine de plantes endémiques, dont l’arnica de Griscom et la minuartie de la serpentine, toutes deux espèces menacées au Québec. L’aubépine du Canada (Crataegus canadensis Sargent) et l’arabette du Québec sont aussi des plantes endémiques de notre province, parmis tant d’autres. S’ajoute à la liste la mini araignée Mysmena quebecana. Le très vaillant chevalier cuivré, un poisson d’eau douce, qui vit entre autre dans le Richelieu et la Yamaska. 

Alors « endémique », ça veut dire qu’on en trouve seulement ici ou là, qu’il faut en prendre soin parce que c’est probablement vulnérable et que c’est définitivement un trésor précieux que la nature garde bien caché! 


* Madagascar est reconnu pour son très haut taux d’endémisme. 85% de sa faune et 83% de sa flore sont endémiques. 


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