Aujourd’hui, en ce doux jour de novembre, même si l’Halloween est passé, on te propose des morts vivants mystérieux. En plein festival de la branche, c’est le moment de célébrer les fonctions du bois, et ce, sous toutes ses formes : le bois mort, le bois vivant… ou les deux!  

Tu le sais, les arbres, c’est super important dans la nature. Mais même morts, il garde un rôle capital dans les écosystèmes. Comme ils sont morts, on les associe beaucoup à la décomposition. Très vrai, en fait toutes les organismes vivants qui utilisent les arbres morts, le font différemment et à différents stades de leur décomposition. Un peu comme un micro-écosystème, les arbres morts rassemblent plusieurs espèces qui en profitent elles aussi, à différents moments de leur cycle de vie. La mosaïque qui unie les espèces dans un écosystème n’est pas simple! Au Québec, plus de 60 espèces utilisent une forme ou l’autre de bois mort dans la forêt ou même dans l’eau. Parce que oui, même submergé, le bois mort est encore rempli de vivant! 



Ses formes

Le bois mort se présente dans la forêt sous quatre formes : des vieux arbres tordus plein de trous (aka « arbres moribonds »), des chicots qui tiennent encore debout, les troncs au sol et ceux dans l’eau. Chacune de ces formes apporte des avantages à des groupes d’espèces différents. Alors que les vieux arbres sur le déclin (souvent creux et instables), mais encore vivants, offrent des perchoirs pour les oiseaux de proies et des grandes cavités pour les nids de canards branchus ou de raton laveur, les branches et les troncs qui traînent par terre ou dans l’eau offriront plus des cachettes pour les tortues, les amphibiens et des centaines d’insectes. Comme une espèce en attire une autre, toutes les formes de bois mort sont un peu comme des p’tit dépanneurs du coin, dans la forêt! 

Une fois la décomposition très avancée des troncs et des branches, les copeaux s’accumulent au sol et enrichissent la litière de la forêt. Ils prennent part alors à la succession végétale en renforcissant le substrat, la base sur laquelle pourront germer les graines des espèces pionnières de la prochaine forêt. C’est l’hisssstoiiiiiire de la viiiiie!!! 


Ses fonctions

Habitat

Une des fonctions du bois mort les plus faciles à observer, c’est la quantité d’habitats que les troncs et les arbres moribonds créent dans les écosystèmes. Quand tu observes un vieil arbre ou un chicot, prends le temps d’y remarquer, les trous et les p’tits chemins. Plusieurs sont superficiels mais d’autres sont les portes d’entrées des nids de plusieurs espèces. En plus, en tombant au sol, les branches et les troncs créent de l’humidité au sol ce qui est merveilleux pour les cloportes, les vers de terre, des dizaines d’invertébrés eeet… les amphibiens, surtout les salamandres! Ça grouille de vie sous les troncs au sol! Même dans l’eau, les amas de branches peuvent servir de cachettes pour les poissons ou même pour les algues qui s’y accrochent. Le bois mort crée donc des habitats de grande qualité. 


Nourriture

Encore une fois, quand tu t’approches des chicots et des débris par terre, tu y verras sûrement beaucoup de champignons, des traces d’insectes, des traces de dents… bref, des traces de vivants qui se sont régalés! Les champignons qui poussent sur le vieux bois sont carrément en train de le manger, un peu comme les insectes qui se nourrissent de bois. Ce sont des espèces dites xylophages. 

Comme tout est lié dans les écosystèmes, tu devines bien que les espèces qui trouvent refuge dans le bois mort pourraient attirer des prédateurs. Et vu que le bois mort offre des habitats de qualité pour beaucoup d’espèces, beaucoup d’autres viennent y faire leur épicerie! Les arbres qui tiennent encore debout ont plutôt tendance à attirer des prédateurs qui peuvent s’y percher ou y faire leur nid (les pics, par exemple) tandis que le bois au sol a plutôt tendance à attirer des prédateurs de plus petites tailles, comme des centipèdes


Cycle des nutriments 

En plus d’être des éléments liant les niveaux trophiques dans les écosystèmes, les différentes formes de bois mort participent aussi aux cycles biogéochimiques de la nature. Euh perdonese? Oui oui, les cycles des nutriments. En grandissant, les végétaux utilisent des éléments comme l’azote et le carbone pour construire leurs cellules. C’est pour ça que des fois on entend que les forêts sont des « puits de carbone ou d’azote » puisqu’en grandissant, les végétaux les accumulent dans leurs tissus. Donc, quand ces dits tissus retournent à la terre, ces éléments retournent eux aussi à la terre. Toutes les espèces dont on a discuté ici prennent part à la décomposition du bois, pour rendre à nouveau disponible ces nutriments pour les autres vivants. 


Même si en ville ou près des sentiers il faut parfois couper (on dit aussi « élaguer ») les arbres moribonds pour pas qu’ils tombent sur ton coco ou sur les autos, il reste qu’en forêt ou en milieu aquatique, les avantages de laisser les arbres morts sur place sont très grands pour la santé de l’écosystème. L’expression « On dormira quand on s’ra morts! » s’applique vraiment pas aux arbres!

Le bois mort ne meurt jamais vraiment, et comme Gerry Boulet le chantait si bien, les arbres sont toujours vivants




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