Des loups aux pugs

On nous a demandé récemment : « C’est quoi le deal avec les pugs? ». On aurait pu aussi demander : « C’est quoi le deal avec toutes les races de chiens qui ressemblent pas au loup? ». Aujourd’hui, on t’explique un peu comment les loups sont devenus nos meilleurs amis, du pug au malamute.

D’abord, un pug (ou Carlin de son nom français) est un chien avec la face un peu écrasée, la queue en tire-bouchon et une shape petite mais costaude. Le pug n’a pas du tout le physique de l’ancêtre commun de l’espèce (et non la race) soit un animal somewhat pas mal pareil au loup.

Les chiens domestiques (comme le pug) et le majestueux loup gris font partie de la même famille, les canidés, et partagent un ancêtre commun.

Parenthèse

Intéressant de savoir que la domestication du chien fait l’objet de pas mal d’études. Plusieurs articles mentionnent que la domestication se serait fait en 2 temps il y a entre 20 000 et 40 000 ans (une fois en Asie et une fois en Europe). On parle ici de loups qui se seraient habitués à la présence humaine et non pas des humains qui auraient apprivoisés des loups. C’est spécial considérant qu’on parle ici d’un loup : un gros carnivore, souvent en compétition avec l’humain pour sa nourriture. Une chercheure de l’Université de Princeton aurait aussi découvert chez les chiens très sociaux, des perturbations génétiques qui ne sont pas présents dans le génome* des loups. Elle suggère que ces variations génétiques auraient amené certains loups à être plus chummy-chummy avec les humains. Les humains les auraient reproduits ensemble pendant des milliers d’années ce qui en aurait donc fait une nouvelle espèce : les chiens domestiques.

Fin de la parenthèse.

 

Donc les pugs… C’est chiens là – comme plusieurs qui ont des caractéristiques comme le nez écrasé, des difficultés respiratoires, des oreilles tombantes – sont le résultat de sélection artificielle par les humains.

Par contre, dans la nature, on peut aussi être témoin de brassage génétique. Le brassage génétique, c’est le réaménagement du matériel génétique dans une population. Ce brassage de gènes amène une foule de phénotypes différents (différentes couleurs de poils, grandeurs, grosseurs, formes de nez, de pattes, etc.). Imagine que ton ADN, c’est comme un gros livre d’instructions qui décrit à tes cellules quoi faire et de quoi avoir l’air. Si on mélange les instructions, on en ajoute des nouvelles, on échange des chapitres et qu’on relit le livre d’instructions, les chances sont bonnes qu’on décrive une toute autre personne avec un physique complètement différent!

Il existe deux types de brassage génétique : 

1- Au niveau de l’individu : dans son génotype**, à travers ses gamètes (comme par exemple des mutations);

2- Entre 2 individus, lors de la reproduction : chaque parent transmet une partie de ses gènes à sa descendance. Le patrimoine génétique des nouveaux individus est alors composé aléatoirement d’une partie de celui des deux parents.

C’est surtout avec la deuxième méthode qu’on peut jouer sur la sélection artificielle des gènes. De manière simplifiée : si on choisit toujours les chiens avec le nez le plus aplati pour se reproduire ensemble, un moment donné on aura des descendants avec un nez vraiment écrasé… un peu comme le pug qu’on connaît aujourd’hui.

Un tit pug

Les races de chiens, c’est le résultat de choix complètement conscients de personnes qui désiraient des pitous avec des physiques bien précis. Comme elles font toutes parties de la même espèce (Canis familiaris), le patrimoine génétique d’une race en particulier est réduit, ce qui crée parfois des maladies, des problèmes respiratoires ou des problèmes d’articulations. Quand on mélange les races, on augmente le nombre de gènes différents disponibles pour la descendance (on brasse la génétique, donc on fait du brassage génétique) et on diminue les chances que les puppies aient des tares génétiques. Imagine que tu dois écrire un livre d’instructions (aka l’ADN d’un individu) avec 23 étapes (les gènes) et que tu peux choisir tes instructions dans un bassin de seulement 25 étapes (le patrimoine génétique). Peu importe tes choix, tes instructions mèneront souvent à des résultats assez semblables (les individus se ressembleront tous beaucoup). Maintenant, pense à toutes les possibilités si 46 instructions étaient disponibles…

Les pugs, c’est le résultat de la sélection d’individus reproducteurs similaires et donc, d’histoires génétiques semblables et assez restreintes qui durent depuis des milliers d’années. C’est ça le deal avec les pugs!

 

 

* Le génome, c’est l’ensemble du matériel génétique d’un organisme.

** Le génotype est le patrimoine génétique d’un individu. Le phénotype est la façon dont le génotype se manifeste, on parle plus ici de l’apparence ou l’état d’un individu.

 

 

 

Sources photo : GUEPE, Pixabay