Quand la plupart de nos petits oiseaux sont en train de se chauffer la couenne dans le sud, nos vaillants guerriers résidents combattent le vent glacial de février. Parmi eux, les hiboux. 


Le hibou des marais


On a choisi ces oiseaux de proie comme vedette du mois parce qu’ils sont non seulement mystérieux, mais aussi awesome.  

Savais-tu que la plupart de nos Strigidés (leur famille) commencent leur période nuptiale en février? Le froid, ça ne les décourage pas de se faire la cour. On les retrouve dans plein d’habitats différents : polaire, forestier, urbain, et même dans les déserts (pas au Québec, parce qu’on a pas de désert, mais il existe des hiboux super cute qui vivent dans les cactus.)

La plupart de nos hiboux québécois (de nos 11 espèces) sont nocturnes*, mais ils peuvent aussi chasser le jour, lorsqu’il fait assez sombre. Ce n’est donc pas rare, dans la noirceur des matins de février de voir un grand duc plonger dans la neige pour attraper son déjeuner. Nos strigidés mangent généralement des petits rongeurs** comme les souris et les campagnols, mais aussi des musaraignes et des proies plus grosses, comme des lapereaux et d’autres oiseaux. Leurs serres (nom qu’on donne aux pattes griffées des rapaces) ont deux doigts en avant et deux en arrière (des pattes zygodactiles, comme les pics bois), ce qui leur donne une grip incroyable pour attraper leur nourriture. Une fois attrapée, ils n’en font qu’une bouchée (pour vrai, ils avalent leur lunch tout rond) et finissent par régurgiter les morceaux « non-digestibles », soit les os, les plumes, la fourrure…


Les hiboux du Québec


Face parabolique

En plus de leurs pattes méga-puissantes, les hiboux ont plusieurs adaptations qui en font des chasseurs hors pair. D’abord, ils entendent super bien. Leur disque facial (qui leur donne leur look hibou-esque) agit comme une soucoupe satellite et dirige le son vers leur tête. En plus, leurs oreilles, qui ne sont pas les plumes érigées sur leur tête (ça, c’est des aigrettes***, et ça n’a rien à voir avec l’ouïe), sont asymétriques. Lorsque le hibou baisse ou lève la tête, il peut la positionner de manière à ce que le son atteigne les deux oreilles en même temps. Quand il entend le son également, ça veut dire que la source du son est directement devant lui. Certains hiboux sont capables d’entendre une proie sous une épaisse couche de neige.


La face parabolique de la chouette lapone


Gros yeux, gros challenge

Leur yeux sont tellement gros qu’ils ne peuvent pas bouger dans leurs orbites. Ils doivent donc tourner leur tête pour voir sur le côté. Leur champ de vision est réduit****, mais grâce à des mécanismes extraordinaires, ils peuvent tourner leur tête jusqu’à 135 degrés, leur donnant un champ de vision de 270 degrés. Comment c‘est possible? Leur vaisseaux sanguins ont des petites connexions vasculaires entre les artères principales qui permettent au sang de circuler entre deux vaisseaux. Ainsi, même si une voie est bloquée par la rotation du cou, une autre peut fournir un flux sanguin au cerveau. On ajoute à ça des os conçus pour aider : une des artères principales des oiseaux, celle qui alimente le cerveau, passent dans des trous dans les vertèbres. Chez les hiboux, le trou a un diamètre 10 fois plus grands que l’artère lui donnant amplement d’espace pour se tordre et gonfler. 

Ces oiseaux, pas tellement vocaux, avec leurs couleurs camo et leurs plumes magiques qui leur permette de voler en silence, font tout pour passer inaperçus. Alors, lève le menton et ouvre les yeux, parce qu’en hiver, sans les feuilles dans les arbres, c’est le meilleur moment pour voir un hibou faire la sieste. 



* L’épervière boréale et le harfang des neiges ont des habitudes diurnes. 

** Il faut donner aux hiboux ce qui leur revient : dans certains milieux, ils participent activement au contrôle d’espèces indésirables, spécialement en zone agricole. 

*** Les aigrettes sont une caractéristique qui permet d’identifier les différentes espèces de hiboux. D’ailleurs, les hiboux ont des aigrettes, tandis que les chouettes n’en ont pas.

**** Le champ de vision des hiboux est d’environ 110 degrés, tandis que celui de humain est autour de 180 degrés. 




Sources images : Pixabay, Pixabay

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