Oh quelle aventure nous avons eu ce printemps avec la visite exceptionnelle d’une baleine à bosse dans la partie fluviale du Saint-Laurent! Cette baleine aura soulevé les foules et réveillé des passions, mais surtout, elle nous aura rappelé que les cétacés sont des animaux encore mystérieux et mal connus. Alors aujourd’hui, on retourne à la base et on se rappelle les principales catégories de cétacés.


D’abord, sache qu’on appelle souvent les baleines des « mammifères marins » et que bien que cette expression soit juste, elle ne fait pas référence qu’aux baleines. Elle inclut aussi les phoques, les morses, les loutres et toutes sortes d’autres mammifères qui vivent dans la mer. 

Ensuite… le mot baleine. Il fait référence aux cétacés, un ordre de mammifères aquatiques à la nageoire caudale (la queue!) horizontale. On trouve dans ce groupe les plus grands et les plus gros animaux qui ont existés sur notre planète. N’en déplaise aux gestionnaires du Parc Jurassique, une baleine bleue, c’est presque 2 fois plus immense que la moyenne des plus gros dinosaures qui auraient existés sur la Terre. 

Alors, nos gros cétacés, on les divise en deux sous-ordres : les mysticètes et les odontocètes.


Les mysticètes, les géants tranquilles

Les mysticètes, ce sont les baleines à fanons. Les fanons, ce sont des dents modifiées. Pour manger, les mysticètes filtrent leur nourriture avec leurs fanons.

Elles peuvent être des « engouffreuses », comme les rorquals (petit, commun, à bosse et bleu). Comment ça se passe? Elles repèrent un banc de petits poissons ou de krill et n’en font qu’une bouchée! L’eau alors prise dans leur bouche et leur gorge est poussée par leur langue et sort par leur bouche (pas sur le dessus de leur tête… ça, c’est leur évent : leur narine!). Imagine ton p’tit cousin Jérémie qui fait la fontaine sur le deck de la piscine en faisant sortir de l’eau entre ses dents. C’est exactement le même processus que les baleines à fanons. Jérémie pousse avec sa langue sur l’eau dans sa bouche pour mettre de la pression et faire sortir des jets d’eau entre ses nouvelles dents d’adulte pas encore toutes poussées… Les rorquals font pareil. La nourriture reste alors prise dans les fanons et la baleine avale tout rond ses petites proies! Pour aider à engouffrer, les rorquals ont une peau en accordéon sur leur gorge qui s’étire pour faire entrer un maximum d’eau et de proies. C’est très musclé et bien vascularisé et des fois, quand elle s’alimentent à la surface, on voit cette gorge qui devient toute rose car elle travaille très fort!

Une belle gang de baleines à bosse qui engouffrent à gorge déployée


Si elles ne sont pas engouffreuses, les baleines à fanons sont appelées « écumeuses ». Ces dernières, comme la baleine noire, nagent à la surface et filtrent la nourriture au fur et à mesure qu’elles avancent, sans prendre de bouchée, à proprement parlé. Pour que la nourriture entre bien dans leur gueule, leur bouche est toujours un peu ouverte et ces baleines très peu (ou pas du tout) de fanon à l’avant… Un peu comme Jérémie quand il a perdu ses deux palettes! L’eau ressort sur le côté, où se situent de looooongs fanons pouvant faire jusqu’à 1,5 m de haut!


Les ondontocètes, les chasseuses

Les ondontocètes sont aussi appelées baleines à dents! Les cachalots, TOUS les dauphins, les épaulards et les beaux bélugas blancs font partie de ce groupe. Ces baleines chassent et doivent être pas mal plus rapides sur le piton que leurs consoeurs à fanons pour trouver leur souper! Avec leurs dents, elles attrapent leur nourriture et l’avale tout rond.

C’est des belles dents d’odontocète ça!


De façon générale, les odontocètes sont plus petites que les baleines à fanons. Elles ont aussi un melon qui les aide à trouver les proies et communiquer avec des cliquetis.

Parlons un instant du cachalot. Une énorme baleine qui opte pour une technique de chasse un peu différente. Pour attraper ses proies, le plus souvent des calmars géants, le cachalot s’hyperventile à la surface en prenant des fois jusqu’à 15 grands respires. Ensuite, il bascule pour couler à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Comment les cachalots font pour ne pas devenir des raisins secs sous toute cette pression? Ah ben ça, c’est un autre sujet sur lequel on reviendra! La baleine attend sa proie dans le fond de l’eau pendant 20 à 30 minutes (le record est de 120 minutes!). Puis, une fois son repas avalé, elle retourne à la surface exactement au même endroit d’où elle a plongé. Alors, si la vie fait en sorte que tu te retrouves au milieu de l’estuaire du fleuve, en zodiac et qu’on te dit : « on vient de voir un cachalot plonger! », premièrement, énerve-toi parce que c’est assez rare, puis, prends ça relaxe pendant une vingtaine de minutes pour la voir remonter, parce que c’est pas donné à tout le monde de voir un cachalot, deux fois!


Pour finir, on rappelle que les dauphins sont bel et bien des baleines, les fanons sont des dents modifiées et que les cétacés sont des mammifères. Et si tu as peur de se faire avaler par une baleine bleue, on te rassure, les chances sont aussi minces que son oesophage qui te laisserait à peine passer à quatre pattes!




Sources images : Jersey Gal, Pikrepo

NOS DERNIERS ARTICLES

  • Les fourmis : à chacun son métier
    Tu as probablement déjà observé un rang achalandé de fourmis qui se suivent ou vu le film d’insectes révolutionnaires FourmiZ […]
  • La saison des canicules
    Maximum de 31 degrés Celsius en après-midi, avec un humidex de 45 et des risques d’orages, chaleur accablante… On n’a […]
  • Les bébêtes de plancher, tes colocs avec plus de pattes
    Dimanche matin, c’est ben tranquille dans l’appart. À ton deuxième café, tu commences à planifier ton après-midi au pot-luck chez […]
  • Les animaux urbains, des nuisances?
    Le lapin à queue blanche qui grignote les concombres de ton jardin, le raton laveur qui décide d’élire domicile dans […]
  • Démystifier les cétacés
    Oh quelle aventure nous avons eu ce printemps avec la visite exceptionnelle d’une baleine à bosse dans la partie fluviale […]