Grâce à la sélection naturelle, moteur de l’évolution des espèces, les organismes sont généralement très bien adaptés à leur environnement. En lisant ces lignes, tu t’imagines peut-être un blanchon sur la banquise dont la fourrure blanche lui assure chaleur et camouflage ou un cactus dont la morphologie et la physionomie lui permettent de conserver de l’eau et de se protéger dans un des écosystèmes les plus inhospitaliers de la planète. Pourtant, la sélection naturelle n’a pas façonné que des caractères morphologiques ou physiologiques, mais également, des comportements!


Un étourneau juvénile. Chapardeur ou producteur?


Dans la nature, les animaux doivent constamment faire des choix afin d’assurer leur survie, optimiser leurs chances de se reproduire et assurer leurs descendances (être successful): être en groupe ou solitaire, en groupe de combien, quel niveau de risque accepter pour une ressource, s’attaquer à quelle proie, etc. Les bonnes décisions sont parfois complexes à élaborer même pour les plus éminents théoriciens. Pourtant, les animaux y parviennent avec une facilité déconcertante. Possèdent-ils de supers calculateurs biologiques? Pas exactement! C’est la sélection naturelle de préférences, d’intuitions perspicaces et d’aptitudes biologiques qui a permis l’émergence de comportements parfaitement adaptés aux écosystèmes.

À titre d’exemple, les animaux peuvent, pour s’alimenter, chercher des ressources, les trouver et les exploiter, mais ce n’est pas la seule stratégie. Il est possible pour un animal de repérer un autre individu qui a trouvé une ressource et de le rejoindre afin de chaparder (voler) cette ressource. #criminel C’est le jeu producteurs-chapardeurs. Il est largement répandu dans le règne animal et souvent étudié avec de petits oiseaux granivores. Ces oiseaux décident de chercher ou de chaparder des parcelles alimentaires.

Le succès de chacune des stratégies dépend du nombre d’individus qui cherchent ou qui chapardent. En effet, on peut s’imaginer que si trop d’individus chapardent, il devient préférable de chercher et lorsqu’il y a de nombreux producteurs (chercheurs de graines), il devient avantageux de chaparder. À un certain ratio, les deux stratégies s’équivalent.


Des chercheurs ont modélisé ce phénomène et calculé les meilleures décisions à prendre selon différentes conditions environnementales (nombre d’individus dans le groupe, nombre de parcelles alimentaires, quantité de ressources par parcelle, distribution des parcelles dans l’environnement, etc.). Et tu sais quoi? Les observations démontrent que les animaux arrivent généralement à l’équilibre producteurs-chapardeurs calculé par la modélisation. De supers mathématiciens, ces petits oiseaux? Probablement pas! 


Les processus menant à la prise de décision chez les animaux font l’objet de nombreuses études. Ces mécanismes biologiques sont parfois très simples ou très élaborés, mais réussissent systématiquement à mettre en place des comportements optimisés, tout comme les caractéristiques morphologiques du blanchon le sont.




Sources images : Ingrid Taylar

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