Classer le vivant

Il y a tellement d’organismes vivants sur la Terre (tellement, qu’on a de la misère à les compter) qu’un jour, on a eu besoin de mettre un peu d’ordre dans tout ça. Pour classer toooooouuuut le monde, il a fallu établir des règles. Au début*, on regroupait les individus selon leurs ressemblances physiques et comportementales. C’était définitivement trop simple pour la complexité du vivant…

Le système moderne de classification remonte au 18e siècle, lorsqu’un botaniste-physicien-zoologiste suédois, Carolus Linnaeus (entre nous, on va l’appeler Linné), publie Systema Naturae**, sa version de la classification du vivant. À partir de là, on a commencé à inclure la génétique dans les regroupements : un gros plus.

 

Aujourd’hui, la classification de Linné n’est plus utilisée. Par contre, pour classer les espèces, on se base quand même sur son idée d’utiliser des taxons (soit des catégories qui s’imbriquent les unes dans les autres). Notre classification actuelle se base sur des principes évolutifs et sur des descendants communs.

Pour démêler tout ça, voici un exemple :

1 – Ancêtre commun de A, B, C, D et E. 2 – Ancêtre commun de B, C, D et E. 3 – Ancêtre commun de B et C. 4 – Ancêtre commun de D et E.

Pour simplifier au maximum, on pourrait dire que les divisions des embranchements représentent des évolutions différentes de deux individus identiques, qui, au fil des générations, deviennent assez différents l’un de l’autre pour créer de nouvelles espèces.

 

À partir de ça, on a donc divisé le vivant en catégories hiérarchiques. On appelle les grandes catégories des règnes.

Pour le bien de ce billet, on va utiliser une classification à 5 règnes (qui est généralement acceptée), mais, avant d’aller plus loin, on voulait mentionner que récemment, une étude classifie le monde du vivant en 7 grands règnes et que le Catalogue de la vie a accepté cette classification et l’utilise. Des classifications à 4 et 6 règnes existent aussi…

Donc, dans la classification à 5 règnes, qui remonte à 1969, on sépare les animaux, des végétaux, des monères (les bactéries), des protistes*** et des mycètes (les champignons). Sous les règnes, on retrouve les phylums (ou embranchements), puis les classes, les ordres, les familles, les genres et les espèces. Les deux derniers niveaux sont généralement déterminés par la personne qui découvre l’espèce et représente le nom de l’individu.

 

Dans le règne des animaux, la majorités des phylums représentent des invertébrés (vers, éponges, mollusques, méduses, insectes et on en passe). La classe des mammifères (dans laquelle les humains se trouvent) existe dans le phylum des Chordés, avec tous les autres vertébrés de la Terre.

On te fait un exemple de classification pour une espèce : la tortue peinte.

Puis avec un autre reptile d’ici, la couleuvre rayée, qui a un ancêtre commun avec la tortue peinte :

On pourrait faire le même manège pour le loup gris (Canis lupus) ou pour la mante religieuse (Mantis religiosa) ou pour le sapin baumier (Abies balsamea)… Il faut savoir qu’il existe des sous-embranchements, des sous-classes, des sous-ordres, des sous-familles, etc., ce qui complexifie la classification, mais ça la rend encore plus précise et efficace.

 

En gros, le vivant c’est un immense puzzle qui a la forme d’un arbre avec des milliers et des milliers de branches et de ramifications, qui, malgré leurs multiples entrecroisements, nous rendent la vie plus simple quand vient le temps de comprendre et nommer les espèces.

 

* Les premières classifications simples remontent à l’ère des grandes dynasties chinoises (3000 avant J.-C.) et de l’Égypte ancienne (autour de 1500 avant J.-C.). On dit par contre que ce serait Aristote qui aurait été le premier à véritablement classer TOUT le vivant (autour de 300 avant J.-C.). Il faut savoir qu’à cette époque, Aristote avait classé les humains dans une catégorie à part de celle des animaux… Ahah.

** Pourquoi le latin? Parce qu’à une époque c’était universel. Et encore aujourd’hui, on l‘utilise pour que les scientifiques de partout soient sur le même pied d’égalité linguistiquement.

*** Les protistes ce sont des organismes unicellulaires (donc très petits) qui possèdent un noyau, contrairement aux monères qui n’en ont pas.

 

 

Sources images : GUEPE