Bye bye les snowbirds !

Vedettes du mois : les oiseaux migrateurs

On a choisi de te présenter pas une, mais bien DES vedettes ce mois-ci! Octobre, c’est le mois où on commence à dire au revoir à nos beaux oiseaux voyageurs, parce que le froid arrive et qu’ils sont pas plus fous que les autres. Comme beaucoup de Québécois, ces oiseaux passeront l’hiver au chaud, aux alentours de l’équateur!

La migration c’est un phénomène où un animal* fait un voyage aller-retour pour combler un besoin, comme manger par exemple. Imagine un oiseau comme la bernache du Canada qui se nourrit d’herbe et de plantes aquatiques. Une fois les cours d’eau glacés, elle ne trouve plus de nourriture et donc au lieu de jeûner pendant 6 mois, elle se rend où la nourriture est abondante. En plus d’être essentiel à la survie des espèces qui la font, la migration influence aussi les espèces de tous les écosystèmes rencontrés en cours de route. On appelle ça le bioflow ou les flux de biomasse. En d’autres mots, si un animal se déplace à travers différents écosystèmes, il y a des chances que ça affecte la disponibilité des ressources et la compétition, en plus des proies de l’espèce, ses prédateurs, les maladies et les parasites qui peuvent se déplacer aussi. Mettons que la migration, c’est quand même un big deal.

Bernache du Canada, par David Trescak

Bernache du Canada, par David Trescak

Les oiseaux ne reçoivent pas de mémo quand vient le temps de plier bagage. Ce sont des changements hormonaux qui leur donnent le signal, accordés avec des réchauffements ou des refroidissements de température ou encore un changement dans la durée du jour. Certaines espèces vont même ressentir un p’tit stress dû à tous les changements, on appelle ça le zugunruhe. Quand ils sentent l’appel du sud, les oiseaux mettent les voiles et suivent des corridors migratoires qui changent très peu d’une année à l’autre. D’ailleurs, ils utiliseront les mêmes haltes en route et arriveront tous les ans au même endroit (ou presque). Ils sont clairement sur le pilote automatique.

Sterne arctique, par Alain Dumas

Sterne arctique, par Alain Dumas

Sur les quelques 450 espèces d’oiseaux présentes au Québec, presque la moitié est migratrice, sans compter ceux qui ne font que passer. Pas étonnant considérant les hivers que nous avons! La sterne arctique est notre nicheur qui parcours la plus grande distance : elle se rend jusqu’en Antarctique en faisant un giga zigzag au-dessus de l’océan. Ça représente autour de 71,000 kilomètres de route pour un oiseau gros comme un 12” du Subway. Tous les oiseaux ne font pas des migration super longues. Des oiseaux, comme certains canards branchus, font le strict minimum pour s’assurer d’avoir assez de nourriture pour passer au travers de l’hiver et ne vont pas plus loin que le sud des Grands Lacs.

On ne peut pas passer à côté de la fameuse bernache du Canada. Probablement que tu la connais à son vol en V, mais elle n’est pas la seule à voler en formation : bien des canards, des oies et des cygnes le font aussi. Ça réduit la résistance et augmente l’efficacité du vol. (Pour ton information, certaines baleines voyagent aussi en V…)

Oies des neiges, par Marie-Lise Beaudin

Oies des neiges, par Marie-Lise Beaudin

On fait une petite mention spéciale pour le Harfang des neiges. Plutôt que de lui dire aurevoir en automne, on commence à le voir arriver dans nos régions! Cet oiseau nordique niche dans la toundra arctique et quand les grands froids arrivent, il part vers le sud. Il faut comprendre que nos -30°C de janvier, c’est rien pour un oiseau qui passe l’été à -20°C… Un vrai guerrier.

Harfang des neiges, par Marie-Lise Beaudin

Harfang des neiges, par Marie-Lise Beaudin

 

 

* On dit « animal » parce que c’est pas seulement les oiseaux qui migrent. Au Québec par exemple, quelques uns de nos mammifères comme le caribou forestier, nos grosses baleines et des chauve-souris migrent, sans parler du très fameux papillon monarque et des tonnes de poissons. Il faut aussi considérer qu’une migration, c’est pas nécessairement super long et que c’est pas nécessairement du nord au sud. Plusieurs animaux migrent sur de bonnes distances… en restant au Québec!

 

 

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