« Comment se forment les aurores polaires? »

Les mythiques lumières qui déchirent le ciel du grand nord font rêver plus d’un amateur d’astronomie. Mais comment est-ce possible qu’en un instant (ou en quelques heures) le ciel se transforme en spectacle magique de pyrotechnie spatiale?  

Tout ça commence sur la surface du Soleil, où il existe une constante turbulence. Il fait tellement chaud là-haut et ça brasse tellement que lorsque des particules entrent en collision (c’est violent), les atomes se décomposent en électrons et en protons. Ça niaise pas sur le Soleil. Le vent solaire pousse ensuite ces particules (le plasma) vers…  partout. Après 2 à 4 jours de chute dans l’espace, le plasma, qui accélère sans cesse en accumulant de l’énergie, est capté par le champ magnétique de la Terre qui l’attire vers les pôles. Une fois dans l’atmosphère terrestre, les protons et les électrons solaires jouent aux autos tamponneuses avec les particules de gaz et ça fait des flammèches lumineuses. 150 km plus bas, où on se trouve, on voit alors, des aurores polaires.



Les différentes couleurs qu’on perçoit dépendent du gaz qui réagit avec le plasma. Le vert, qui est le plus fréquent, est émis par les molécules d’oxygène situées à une centaine de kilomètres au-dessus de nous. Si ces mêmes particules d’oxygène se trouvent à haute altitude, on verra du rouge, mais c’est pas mal rare. Les bleus et les violets proviennent de collisions avec l’azote. L’intensité et la grosseur de l’aurore dépendent de l’activité solaire qui la déclenche: si on a affaire à une grosse tempête solaire, les banderoles lumineuses seront bien visibles. Si le vent solaire est faible, l’aurore pourrait prendre la forme de taches de lumière qui surgissent de nulle part.  

Les aurores sont vues autour des pôles magnétiques des hémisphères nord et sud*. Pour en voir beaucoup, il faut donc aller dans le Nord du Québec, au Nunavut, ou en Alaska (qui sont les champions des aurores en Amérique), mais ce n’est pas la porte à côté… Par contre, console-toi, il y a des possibilités d’en voir partout au Québec! 


Trucs de pro : Tu dois te trouver un endroit qui n’est pas pollué par la lumière et être patient. On te suggère l’Île d’Orléans près de Québec, le Saguenay-Lac St-Jean, dans le parc national des Grands-Jardins ou encore dans la réserve faunique des Laurentides (le magazine Espace propose des bons spots ici). Il n’y a pas de saison spécifique aux aurores polaires, mais comme on peut les voir juste la nuit, c’est mieux l’hiver entre 22 h et 3 h du matin (un excellent moment pour voir Orion). Évite les soirs de pleine Lune, parce que sa lumière réduira les chances de voir des aurores. Saches qu’elles sont plus fréquentes tous les 11 ans, ce qui correspond au peak d’activité des taches solaires qui initient les tempêtes. Pour savoir si les chances sont élevés, consulte ce site ou celui-là



* Généralement, si une aurore est vue au Nord, une presque identique sera visible au Sud, créant un miroir de la première, avec les mêmes couleurs et la même forme. 




Source image : Pixabay

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