Ça te prend une seconde envoyer un texto à quelqu’un à l’autre bout de la planète. C’est ce qu’on appelle de la communication efficace, n’est-ce pas? Imagine que pour transmettre un simple message, ça te prenne des heeeeeuuuures… (-‸ლ) L’horreur!!!

C’est ce qui arrive chez les végétaux lorsqu’ils communiquent entre eux. Oui, tu as bien lu, les végétaux ont des méthodes pas banales de communication, au sein d’une même espèces, entre les espèces et même avec les animaux. 

Les plantes communiquent oui, mais ça se fait sous forme de signaux. On dit qu’elles communiquent parce qu’elles émettent ces signaux et qu’elles sont capable d’analyser ceux des autres. C’est donc un type de communication. Ces signaux peuvent prendre plusieurs formes : lumineux, sonores, volatiles, chimiques et même électriques. 


Un arbre d’acacia, qui est probablement en train de produire du tanin à cause de ce koudou


On fait un saut en Afrique. Les koudous, des grands brouteurs (un peu comme le cerf de Virginie ici), mangent les feuilles d’acacia (un buisson de la famille des féviers). Comme il se sent attaqué, l’arbre brouté se met à produire dans ses feuilles du tanin. Cette substance végétale protéinée donne un goût épouvantable aux juteuses feuilles, empêchant le koudou de poursuivre sont broutage. Et ce n’est pas tout. Les feuilles émettent aussi de l’éthylène (un gaz) qui est diffusé dans l’air. Poussé par le vent, cet éthylène alertent les buissons d’acacia avoisinants de la présence de brouteurs potentiels et trigger la production de tanin comme défense, avant même d’avoir été attaqués. C’est donc la fin du repas pour les koudous qui n’ont plus de délicieuses plantes à manger, seulement des feuilles indigestes.

Plus près de nous, les érables et les peupliers produisent aussi de l’éthylène volatile lorsqu’ils sont attaqués. 


Qui sait ce qu’il se dit sous nos pieds… 


En plus des signaux transportés par le vent, comme ceux des acacias, un réseau complexe de communication existe juste sous nos pieds. Partout dans le sol on retrouve des hydres, la partie souterraine des champignons. Ces filaments blanchâtres s’attachent aux végétaux et relient des arbres et des plantes, en mélangeant les espèces, pour créer le wood-wide web. Les plantes ainsi attachées au réseau peuvent alors échanger de la matière! Il est fort probable qu’elles puissent aussi échanger de l’information par la production de composés chimiques, mais ça reste encore à prouver. Et même sans les champignons, les plantes seraient capable de communiquer par leurs racines enchevêtrées (fusionnées par le cambium*).


A-t-on déjà vu un bison converser avec un brin d’herbe? Non. Et pourrait-on dire que les pissenlits jasent avec les abeilles? La capacité des plantes d’attirer les pollinisateurs avec des odeurs et des couleurs variées, on pourrait considérer ça comme un système de communication. Et cette communication se fait entre des espèces de règnes différents (animal et végétal). On dit aussi qu’il y a des plantes, comme la tomate et le tabac, qui peuvent produire un signal hormonal pour attirer les prédateurs d’insectes herbivores quand elles se font manger.

Les cris, les ultrasons, les bouteilles à la mer, les contacts de groupe, les couleurs, les danses, les signaux chimiques, les chants des oiseaux, des orthopthères ou des grenouilles, les textos… Il existe des tonnes de façons de communiquer, autant chez les animaux que chez les plantes. Ces dernières ne font pas beaucoup de bruit, mais elles s’envoient définitivement des messages.

#woodwideweb



* Le cambium, c’est une fin couche sous l’écorce de l’arbre et le liber, où la sève circule. 


Sources images : Pixabay, Pixabay

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